Campagnes électorales au Bénin : des coûts prohibitifs qui étouffent l’opposition

Un électeur scrute la liste des inscrits à Cotonou pendant la présidentielle de 2026 au Bénin

Les scrutins à bulletin unique, les victoires écrasantes dès le premier tour et l’absence d’alternative politique crédible : les élections présidentielles de 2025 en Afrique ont une nouvelle fois révélé un schéma récurrent. À Cotonou comme à Djibouti, les candidats d’opposition ont été systématiquement écartés avant même le dépôt des candidatures. Le 12 avril 2026, lors de la présidentielle béninoise, Romuald Wadagni — pressenti comme l’héritier de Patrice Talon — a remporté 94 % des suffrages. Un score sans appel, dans un scrutin où aucune voix dissidente n’a pu s’exprimer.

À Djibouti, l’opposant Alexis Mohamed a jeté l’éponge pour des raisons similaires. Si la crainte pour sa sécurité a joué, ce sont surtout les frais de candidature qui ont bloqué sa candidature. Des montants si élevés qu’ils transforment chaque élection en « parcours du combattant financier », réservant le terrain aux seuls candidats soutenus par le pouvoir. Résultat : des élections vidées de leur sens, réduites à des « cérémonies d’approbation ».

Des frais d’entrée inabordables pour les challengers

Le phénomène n’est pas isolé. Sur le continent, les aspirants à la magistrature suprême se heurtent à des coûts de campagne astronomiques, bien au-delà des moyens des partis d’opposition. Entre cautions électorales exorbitantes, dépenses de propagande et logistique, les candidats indépendants ou marginaux n’ont aucune chance de rivaliser. Les observateurs dénoncent une « privatisation du processus électoral » au profit des candidats officiels.

Un système qui favorise la continuité

Les élections béninoises de 2026 illustrent cette tendance lourde. Avec des frais de campagne dépassant largement les capacités financières des petites structures, seuls les candidats soutenus par l’appareil d’État peuvent prétendre à une visibilité. Les partis d’opposition, sous-financés et sous-représentés, se retrouvent exclus de facto du débat démocratique. Une situation qui soulève des questions sur la transparence et la légitimité des scrutins sur le continent.

Dans ce contexte, les résultats électoraux, aussi écrasants soient-ils, peinent à masquer une réalité moins flatteuse : l’opposition n’a tout simplement pas les moyens de jouer.