Une escalade de la violence contre les civils au nord du Burkina Faso
Au cours des derniers mois, la situation sécuritaire au Burkina Faso a franchi un nouveau seuil d’horreur. Entre mai et août 2025, des dizaines d’innocents ont perdu la vie lors d’incursions sanglantes menées par des factions armées islamistes dans la partie septentrionale du pays. Ces actes, qui bafouent les principes fondamentaux du droit international humanitaire, pourraient être qualifiés de crimes de guerre.
- Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS) sont pointés du doigt pour des exécutions sommaires.
- Depuis 2016, l’insurrection terroriste a provoqué le déplacement forcé de milliers de familles.
- Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités à renforcer la protection des populations et à enquêter sur les dérives, y compris celles imputées aux forces régulières et à leurs auxiliaires.
Djibo : le martyre d’une ville sous blocus
Le 11 mai 2025, la ville de Djibo, située dans la région du Sahel, a été le théâtre d’une attaque d’envergure. Des centaines de combattants du GSIM ont investi la localité, s’emparant d’une base militaire avant de se retourner contre les habitants. Au moins 26 civils ont été froidement exécutés dans les quartiers de la ville.
Les témoignages recueillis décrivent des scènes atroces : des vieillards abattus dans leur lit et des boutiques incendiées. Les assaillants semblent avoir ciblé spécifiquement certains groupes ethniques, notamment les Peuls issus de la famille Tamboura, accusés de collaborer avec les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Cette stratégie de division communautaire aggrave les tensions locales déjà exacerbées par un blocus qui prive la ville de denrées essentielles depuis des années.
Youba : punis pour avoir cultivé leurs terres
Le 3 août, le village de Youba, dans la région du Nord, a subi la fureur du GSIM. Quatorze civils, dont des femmes et quatre enfants, ont été tués. Le motif de ce massacre est aussi absurde que cruel : la communauté n’aurait pas respecté l’interdiction de faire pousser des cultures hautes (millet, maïs), que les terroristes perçoivent comme un obstacle à leur visibilité sur le terrain.
Lors de cette incursion, deux jeunes garçons ont péri dans l’incendie d’une boutique où ils tentaient de se protéger. Malgré la proximité de forces militaires basées à Ouahigouya, les secours ne sont arrivés qu’après le départ des assaillants, laissant les villageois livrés à eux-mêmes.
Gorom Gorom : l’aide humanitaire prise pour cible
Le 28 juillet, c’est l’État islamique au Sahel (EIS) qui a frappé près de Gorom Gorom. Un convoi civil transportant des vivres et des produits de première nécessité a été pris en embuscade. Bien que le convoi soit escorté par l’armée, les victimes sont majoritairement des commerçants et des habitants cherchant à ravitailler une zone sinistrée. Au moins neuf personnes ont été tuées dans cette attaque brutale.
La nécessité d’un journalisme indépendant et d’une justice forte
Face à cette crise, l’actualité Bénin et celle des pays limitrophes comme le Burkina Faso soulignent l’importance d’un journalisme indépendant pour documenter ces exactions. La souveraineté de ces nations passe par la capacité de leurs institutions judiciaires à poursuivre les responsables de ces atrocités.
Le Pôle judiciaire spécialisé de Ouagadougou, bien qu’existant, manque cruellement de moyens pour mener à bien ses enquêtes. Parallèlement, l’Union africaine, via son envoyé spécial pour le Sahel, est sollicitée pour faire pression sur le gouvernement burkinabè afin que toute la lumière soit faite sur ces massacres, qu’ils soient le fait des groupes terroristes ou des forces de sécurité. Pour rester informé sur la politique régionale, des plateformes comme Bénin Souverain ou Cotonou info continuent de suivre de près l’évolution de la stabilité au Sahel.



