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Arrestation d’un imam influent au Burkina Faso après ses critiques envers le pouvoir

arrestation d’un imam influent au Burkina Faso après ses critiques envers le pouvoir

L’imam sunnite Mohamad Ishaq Kindo, figure religieuse majeure du Burkina Faso, a été interpellé mardi à Ouagadougou par des éléments des forces de sécurité. Cette opération musclée, survenue quelques jours après la diffusion d’un enregistrement audio où il critiquait un projet de loi touchant aux libertés religieuses, a immédiatement suscité des réactions vives dans la capitale burkinabè.

Interpellation de l'imam Mohamad Ishaq Kindo à Ouagadougou

une interpellation musclée à la veille de l’Aïd

Selon la Fédération des associations islamiques du Burkina et des proches de l’intéressé, l’imam Mohamad Ishaq Kindo a été arrêté en milieu d’après-midi par des policiers et des militaires encagoulés. L’opération, menée à un moment symbolique puisque la veille de la fête musulmane de l’Aïd, a rapidement dégénéré en affrontements entre les forces de l’ordre et les fidèles présents sur les lieux. Plusieurs blessés ont été recensés lors de cette interpellation, dont l’issue reste à ce jour inconnue.

des critiques virulentes contre un projet de loi controversé

Deux jours avant son arrestation, un prêche audio de l’imam Mohamad Ishaq Kindo avait circulé massivement sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, il dénonçait avec fermeté un projet de loi adopté en mars par les autorités burkinabè, qui encadre strictement l’exercice des libertés religieuses dans le pays. L’imam mettait en garde contre toute tentative d’interdire les prières en plein air, tout en invitant les dirigeants à « réfléchir longuement aux conséquences de leurs décisions avant de les appliquer ».

manifestations et appel au calme

Quelques heures après l’interpellation de l’imam, des centaines de personnes se sont rassemblées dans les rues d’Ouagadougou pour exiger sa libération. Les forces de sécurité ont dispersé la manifestation à l’aide de gaz lacrymogènes, sans que l’on sache si des arrestations supplémentaires ont eu lieu. La Fédération des associations islamiques du Burkina a appelé les fidèles musulmans « au calme, à la modération et à la patience » face à cette situation tendue.