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Absence prolongée du président camerounais : l’udc réclame des clarifications institutionnelles

Absence du président camerounais : l’UDC interpelle les institutions sur la continuité de l’État

Depuis plus de quarante jours, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, se trouve hors des frontières nationales après un départ officiellement présenté comme un court séjour privé en Europe. Le Cabinet civil a simplement confirmé son absence sans préciser ni la durée ni les motifs exacts de ce déplacement. Selon des informations recueillies sur place, il aurait atterri en Suisse, mais aucun détail n’a été communiqué aux Camerounais, plongeant le pays dans une attente anxieuse.

Cette situation inhabituelle alimente les interrogations parmi la population et les acteurs politiques. Patricia Tomaino Ndam Njoya, présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), a vivement critiqué l’opacité entourant cette absence prolongée. Pour elle, la stabilité des institutions camerounaises repose sur des mécanismes clairs, notamment en matière de continuité de l’action publique et d’exercice des responsabilités présidentielles.

Des recommandations pour encadrer les absences présidentielles

Face à ce vide institutionnel, l’UDC a formulé plusieurs propositions pour renforcer la transparence et éviter tout blocage au sommet de l’État. Parmi les mesures demandées :

  • L’adoption de règles strictes encadrant les absences prolongées du président de la République, avec des délais précis à respecter ;
  • La garantie d’une communication régulière de l’État envers la nation et le Parlement ;
  • La publication d’une délégation expresse de certaines fonctions présidentielles lorsque la continuité de l’action publique l’exige ;
  • L’instauration d’une procédure transparente pour constater un empêchement temporaire ou définitif ;
  • La nomination immédiate d’un vice-président, comme le prévoit la révision constitutionnelle du 14 avril 2026.

Pour l’UDC, ces ajustements sont indispensables pour prévenir les risques de crise institutionnelle et préserver la légitimité des décisions prises en l’absence du président.

Un contexte politique marqué par des tensions et des incertitudes

Cette absence survient dans un contexte particulièrement sensible pour le Cameroun. Après sa réélection lors de la dernière présidentielle et le début de son huitième mandat, Paul Biya avait promis de former une nouvelle équipe gouvernementale pour concrétiser sa politique. Pourtant, plus de six mois après son investiture, ce gouvernement reste à composer. De plus, la révision constitutionnelle récente impose la nomination d’un vice-président, un poste toujours vacant à ce jour.

Les Camerounais s’interrogent également sur les répercussions de cette absence sur les prochaines élections législatives et municipales. Alors que la campagne électorale approche, les partis politiques, y compris le RDPC au pouvoir, se préparent activement. Pourtant, sans la présence physique du président, certaines décisions stratégiques pourraient être retardées ou mal interprétées.

En juillet, des événements ont encore alimenté les spéculations. Des faux décrets présidentiels, introduits à la télévision nationale, ont failli déclencher une crise institutionnelle, soulignant l’urgence de clarifier les processus en cas d’absence du chef de l’État.

Alors que les Camerounais attendent des réponses, l’UDC rappelle que la transparence et la rigueur institutionnelle sont essentielles pour maintenir la confiance dans les institutions du pays.