Le Gabon et TikTok ont franchi une étape majeure dans leur collaboration pour encadrer les contenus en ligne. Lors du Sommet mondial AI for Good / WSIS à Genève, le Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a échangé avec les représentants de la plateforme afin d’évaluer sa conformité avec la réglementation gabonaise.
Ces discussions surviennent alors que le pays renforce son contrôle sur les réseaux sociaux. Les échanges ont porté sur plusieurs axes : la gouvernance des plateformes, la protection des utilisateurs – notamment des mineurs – et les mesures concrètes mises en place par TikTok pour respecter les nouvelles règles locales.
La délégation de TikTok, menée par Emir Gelen (directeur régional des relations gouvernementales pour la région Moyen-Orient, Eurasie et Afrique) et Maria Cohn (directrice adjointe des relations gouvernementales), a présenté un bilan exhaustif de ses actions de modération pour le premier trimestre 2026. Selon les données communiquées, 23 504 contenus jugés sensibles ont été retirés, dont :
- 13 930 contenus mettant en danger la sécurité et le bien-être des mineurs,
- 10 784 publications liées à des biens, services ou activités réglementés.
Les suppressions ont particulièrement ciblé les contenus à caractère sexualisé, ainsi que les cas d’abus sexuels ou physiques envers les mineurs. TikTok a également souligné avoir optimisé ses outils de modération, atteignant des performances remarquables :
- 99,8 % des contenus illicites ont été supprimés avant même d’être signalés par les utilisateurs,
- 92,9 % l’ont été avant toute consultation,
- 97,2 % des contenus problématiques ont été retirés en moins de 48 heures,
- 4 352 comptes ont été définitivement bannis.
À l’issue de cette rencontre, les deux parties ont acté la poursuite de leur collaboration pour les douze prochains mois, conformément à l’ordonnance gabonaise encadrant les réseaux sociaux. Pour Mark-Alexandre Doumba, cette coopération vise à concilier innovation et protection des citoyens, en luttant contre la désinformation, le cyberharcèlement, les discours de haine et les contenus nuisibles à la santé mentale des jeunes.
Cette initiative illustre la volonté du Gabon d’instaurer un dialogue exigeant avec les géants du numérique. L’objectif est double : appliquer strictement la loi tout en bâtissant un espace en ligne plus sûr et responsable pour l’ensemble des Gabonais.



