Politique

Tensions politiques en RDC : kabuya et mbata s’affrontent sur la marche de la c64

tensions politiques en RDC : kabuya et mbata s’affrontent sur la marche de la c64

manifestation de l’opposition dispersée par les forces de l’ordre

la marche de la coalition article 64 cristallise les divisions au sein de la majorité présidentielle

les rivalités entre les figures de proue de la majorité, augustin kabuya et andré mbata, s’intensifient à l’approche de la marche prévue par la coalition article 64. cette démonstration, programmée le 22 juillet prochain, doit converger vers le palais de la nation à Kinshasa pour exiger la démission du président felix tshisekedi, accusé de violer son serment constitutionnel en envisageant une révision de la loi fondamentale.

une marche contestataire aux revendications radicales

la coalition article 64, composée de partis d’opposition et de la société civile, réclame le départ immédiat du chef de l’État pour « trahison de son serment ». cette initiative, soutenue par plusieurs acteurs politiques, met en lumière les profondes divergences au sein de l’union sacrée de la nation (usn), la plateforme présidentielle dirigée par felix tshisekedi.

alors que l’opposition s’apprête à défiler dans les rues de Kinshasa et dans les 25 provinces du pays, certains membres de la majorité se divisent sur la réponse à apporter à cette mobilisation.

kabuya et mbata s’opposent publiquement

au cœur de cette tourmente institutionnelle, deux personnalités de l’udps, le parti présidentiel, incarnent les tensions : augustin kabuya, secrétaire général de l’udps, et andré mbata, secrétaire permanent de l’union sacrée. leurs désaccords, déjà patents lors de l’élection du gouverneur du sankuru en avril dernier, resurgissent avec force.

mbata, en mission officielle à Yaoundé, a appelé l’ensemble des membres de l’usn à manifester le 22 juillet contre « ceux qui menacent la stabilité du pays en refusant au peuple son droit souverain à l’expression démocratique ». dans un communiqué publié depuis le Cameroun, il a estimé que « l’union sacrée ne saurait être réduite à la position d’un seul parti ou individu », une allusion directe à la position défendue par kabuya.

ce dernier, dans un message relayé mardi 13 juillet, a clairement déconseillé toute contre-manifestation, qualifiant la marche de l’opposition d’initiative « sans fondement légal ». « il n’existe aucune marche prévue à cette date et il est impératif d’éviter les itinéraires empruntés par l’opposition », a-t-il déclaré, suscitant une vive réaction de mbata.

des communiqués aux relents d’affrontement

la réplique de mbata ne s’est pas fait attendre. dans un texte au ton particulièrement acerbe, il a qualifié la prise de position de kabuya de « déclaration politiquement incorrecte et maladroite », rappelant que « les prises de position individuelles n’engagent que leurs auteurs ». il a également dénoncé « l’attentisme coupable » de la plateforme présidentielle face à une opposition qu’il juge « mal intentionnée et ignorante des principes démocratiques fondamentaux ».

selon mbata, « les membres de l’union sacrée doivent se conformer aux directives du secrétaire permanent, seul porte-parole officiel de la plateforme ». cette assertion a relancé les spéculations sur une possible scission au sein de l’usn, alors que les élections de 2028 approchent et que les ambitions personnelles commencent à se dessiner.

un conflit aux répercussions électorales

le désaccord entre kabuya et mbata ne date pas d’hier. en 2024, ce dernier avait déjà marqué sa distance avec le secrétaire général de l’udps en soutenant un candidat rival lors de l’élection du gouverneur du sankuru. cette fois, mbata a préféré appuyer julien lodi emongo, qui a finalement remporté le scrutin. kabuya, de son côté, avait vivement critiqué cette initiative, allant jusqu’à ordonner l’arrêt des cotisations des cadres de l’udps versées à mbata, l’accusant de saper l’autorité du parti.

ces tensions internes, couplées à l’approche des élections, risquent de fragiliser davantage la cohésion de l’union sacrée. tandis que le pouvoir en place tente de maintenir une façade d’unité, les divisions internes pourraient affaiblir sa capacité à répondre aux défis politiques et sécuritaires qui secouent la république démocratique du Congo.

par samyr lukombo