Sonko révèle les tensions avec Faye après son limogeage

L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a pris la parole pour exposer sa vision des événements ayant conduit à son éviction de la Primature. Dans une déclaration sans détour, il a détaillé les échanges tendus avec le président Bassirou Diomaye Faye-Diakhar, mettant en lumière les désaccords persistants entre les deux hommes.
Quelques heures seulement après l’annonce officielle de son limogeage, Sonko a partagé sa version des faits lors d’une prise de parole publique. Il a ainsi révélé les divergences qui, selon lui, ont miné leur collaboration depuis le début, tout en soulignant ses propositions pour apaiser les tensions au sein de l’exécutif.
Les racines des tensions entre Sonko et Faye
Pour le leader de PASTEF, les désaccords avec le chef de l’État ne sont pas récents. « Les attentes que nous avions au départ diffèrent profondément de la réalité actuelle », a-t-il expliqué, ajoutant que la question d’un éventuel limogeage avait déjà été évoquée il y a deux ans. Ces tensions, selon lui, ont atteint un point de non-retour après son intervention à l’Assemblée nationale, laquelle aurait précipité leur rencontre au Palais présidentiel.
Lors de cet entretien, le président Faye aurait exprimé ses réserves quant à la continuation de leur « compagnonnage ». Sonko a relaté les propos tenus par le chef de l’État : « Il m’a clairement indiqué que la situation devenait intenable en raison des déclarations que j’avais faites ». Face à cette déclaration, l’ancien Premier ministre a répondu avec fermeté : « La décision lui revenait ».
Il a également tenu à préciser que leur échange ne devait en aucun cas être perçu comme une tentative de conciliation. « Je lui ai clairement signifié que nous n’avions pas discuté et qu’il ne fallait surtout pas donner cette impression », a-t-il insisté.
Une offre de départ refusée à plusieurs reprises
Ousmane Sonko a révélé qu’il avait proposé à trois reprises de quitter la Primature pour siéger à l’Assemblée nationale, estimant que sa présence pourrait freiner l’action du gouvernement. « Je lui ai suggéré à chaque fois : si tu estimes que je fais obstacle, discutons et je partirai. Nous pourrions nommer un autre Premier ministre issu de PASTEF. À chaque fois, il a refusé », a-t-il confié, précisant que le ministre Alioune Sall avait été témoin de certaines de ces discussions.
Selon Sonko, le président Faye aurait demandé un délai de réflexion avant une nouvelle rencontre. « Une fois de retour à mon domicile, il m’a envoyé un message pour m’informer qu’il allait annoncer sa décision », a-t-il déclaré. Peu après, l’annonce officielle de son limogeage a été rendue publique, confirmant la rupture entre les deux hommes.
Cette sortie médiatique de l’ancien Premier ministre éclaire d’un jour nouveau les coulisses du pouvoir au Sénégal, révélant les défis d’une gouvernance partagée et les tensions inhérentes à la gestion des affaires publiques.



