Moins de deux ans après leur arrivée au pouvoir, le duo formé par Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko a volé en éclats. Après plusieurs mois de tensions croissantes, le président sénégalais a décidé de se séparer de son Premier ministre. Ce week-end, Ousmane Sonko a été reconduit à la présidence du Pastef lors du tout premier congrès du parti depuis sa fondation.
Que révèle cette rupture au sommet de l’État ?
Cette scission met en lumière des divergences profondes au sein de la coalition au pouvoir. Alors que Bassirou Diomaye Faye semble vouloir concentrer les rênes du pouvoir, Ousmane Sonko renforce son assise au sein de son parti. Le congrès du Pastef a été l’occasion pour Sonko de consolider sa base militante et de réaffirmer son leadership.
Qui détient désormais l’électorat du changement ?
La question centrale est de savoir qui, entre le président et l’ex-Premier ministre, parvient à conserver la confiance des électeurs qui ont porté le changement. Les analystes s’interrogent sur la capacité de Diomaye Faye à gouverner seul, sans l’appui direct de Sonko, alors que ce dernier reste une figure clé du paysage politique sénégalais.
Quels sont les risques pour la stabilité du Sénégal ?
Cette situation inédite pourrait fragiliser la gouvernance du pays. Les tensions entre les deux hommes risquent d’entraîner des blocages institutionnels et de susciter des inquiétudes quant à la continuité des réformes. Les regards se tournent déjà vers 2029, avec des perspectives électorales incertaines.
Débat avec Daouda Ngom, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, et Mehdi Ba, journaliste et correspondant à Dakar.



