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Sénégal : le référendum constitutionnel annoncé par le président Faye

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a fait savoir qu’il soumettrait au vote populaire le projet de révision de la Constitution actuellement débattu à l’Assemblée nationale, si les députés l’adoptent. Cette initiative, défendue par la majorité parlementaire, vise à redistribuer les pouvoirs entre les institutions et à limiter les attributions du chef de l’État.

La communication officielle a été faite le lundi 29 juin par le ministre de la Justice, Moussa Sarr, lors d’une séance à l’Assemblée. Il a indiqué que le président avait informé le président de l’institution de son intention d’utiliser l’article 103 de la Constitution, lequel permet de consulter directement les citoyens par référendum pour toute révision constitutionnelle.

Le texte en examen prévoit de rééquilibrer le fonctionnement de l’État sénégalais en renforçant les rôles des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, avec une conséquence directe : la réduction de certaines prérogatives qui relevaient traditionnellement du président de la République.

Des tensions au sein de l’exécutif

Cette réforme est portée par la majorité parlementaire issue du camp du premier ministre Ousmane Sonko, dont le parti dispose d’une large avance à l’Assemblée nationale. Elle survient dans un climat politique marqué par des divergences croissantes entre les deux principales figures de l’exécutif sénégalais.

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, alliés de longue date, ont accédé au pouvoir après l’élection présidentielle de mars 2024, qui a constitué une alternance politique majeure. Depuis plusieurs mois, des désaccords sont apparus sur divers dossiers, suscitant des interrogations sur la cohésion au sommet de l’État.

Le recours au référendum permet au président Faye d’éviter une adoption définitive par la seule voie parlementaire et de solliciter directement l’approbation des citoyens. La consultation populaire devra donc déterminer l’avenir d’un projet présenté par ses promoteurs comme une étape vers une nouvelle organisation des institutions sénégalaises.