Actualités

Sénégal : le président Faye met fin aux fonctions de son Premier ministre Sonko

Sénégal : le président Faye met fin aux fonctions de son Premier ministre Sonko

Ali Bamba
Premier ministre Ousmane Sonko lors d'un discours

Dans un revirement politique majeur, le président Bassirou Diomaye Faye a décidé, ce vendredi, de démettre de ses fonctions Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, tout en prononçant la dissolution du gouvernement en place. Cette décision intervient après une période prolongée de tensions au sommet de l’État, dans un contexte où le pays d’Afrique de l’Ouest fait face à des défis économiques majeurs, notamment un endettement record.

C’est à travers un décret diffusé en direct sur les ondes de la télévision nationale que cette annonce a été officialisée. Le conseiller présidentiel Oumar Samba Ba a lu le texte, précisant que le chef de l’État « a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko… et, par conséquent, à celles des membres du gouvernement, ministres et secrétaires d’État inclus ».

Le Sénégal se retrouve ainsi dans une situation inédite : un président élu en grande partie grâce à l’influence de son Premier ministre, lui-même écarté de la course à la présidence en 2023 après une condamnation judiciaire pour diffamation.

Les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qui fut autrefois son mentor politique, se sont fortement dégradées ces derniers mois. Leur parti, le Pastef, avait pourtant remporté triomphalement le premier tour des élections législatives de mars 2024, en promettant une refonte radicale des pratiques politiques, avec pour slogan la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des affaires publiques.

Malgré l’engouement suscité par Sonko auprès de la jeunesse sénégalaise, c’est bien Faye qui détient désormais l’intégralité du pouvoir exécutif, lui permettant de révoquer son chef de gouvernement par un simple décret présidentiel.

Sonko avait su mobiliser les foules, notamment les jeunes générations, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2024. Son discours panafricaniste et son opposition frontale à l’ancienne puissance coloniale, la France, avaient particulièrement résonné auprès d’une population en quête de changement.

Lors d’un rassemblement marquant de son parti, le Pastef, début juillet, Sonko n’avait pas hésité à critiquer ouvertement Faye, l’accusant d’un « manque criant de leadership » et de ne pas l’avoir suffisamment soutenu face à ses détracteurs.