Sénégal : le pastef d’ousmane sonko exclu du nouveau gouvernement
Dakar, 1er juin 2026 — Le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé lundi la composition du nouveau gouvernement sénégalais, marquant une rupture claire avec le Pastef, parti dirigé par son ancien Premier ministre et allié historique Ousmane Sonko. Le mouvement, devenu une force politique majeure, est désormais absent des sphères exécutives.
Cette exclusion survient après des semaines de tensions entre le chef de l’État et Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale. Les désaccords portent principalement sur la répartition des postes au sein du gouvernement, ainsi que sur le rôle politique à accorder à la majorité parlementaire.
Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, le leader du Pastef a confirmé le refus de son parti de siéger dans l’exécutif. Selon le texte, les discussions avec le président Faye ont révélé des points de convergence, mais aussi des divergences majeures, notamment concernant l’influence du parti dans la gouvernance.
Ousmane Sonko a précisé : « Après un entretien prolongé avec le président de la République, des avancées ont été enregistrées, mais des désaccords persistent, en particulier sur la place du Pastef dans le dispositif gouvernemental. Les propositions présentées n’ont pas reçu d’écho favorable. En conséquence, le parti ne participera pas au prochain gouvernement. »

Le gouvernement annoncé par le président Faye compte 30 ministres, mais exclut les figures clés du Pastef qui figuraient dans l’équipe précédente. Cette décision intervient alors que le pays fait face à une crise économique sans précédent.
Le Sénégal traverse en effet une période délicate, marquée par une sous-estimation de sa dette publique par le précédent gouvernement, révélée en 2024. Cette situation a conduit le Fonds monétaire international à suspendre son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars. Avec une dette représentant désormais 132 % du PIB fin 2024, les autorités sénégalaises préparent activement la reprise des négociations avec l’institution financière. L’objectif ? Conclure un accord d’ici la fin du mois.
Le ministre des Finances a confirmé la tenue de discussions intensives dès la semaine prochaine pour rétablir la stabilité budgétaire et relancer les réformes économiques.



