Le sénat au cœur des débats démocratiques à Cotonou
Lors d’un échange organisé le 6 août 2026 à Cotonou par l’Institut des Artisans de Justice et de Paix (IAJP/Co), la question de la création du Sénat au Bénin a occupé une place centrale. Les participants ont abordé ce sujet sous l’angle de l’État de droit et de l’alternance politique, deux piliers essentiels du paysage institutionnel béninois.
Un outil de régulation politique selon Lazare Sehouéto
Parmi les intervenants, l’ancien ministre et député Lazare Maurice Sehouéto a défendu avec conviction la nécessité du Sénat comme mécanisme de consolidation démocratique. Pour lui, cette institution représente bien plus qu’une simple chambre parlementaire : elle incarne un garde-fou contre les dérives et un levier pour stabiliser le système politique béninois.
Face aux interrogations soulevées par l’ancien député Kamel Bio Sika Ouassagari sur les prérogatives exactes de la chambre haute, Lazare Maurice Sehouéto a encouragé une lecture apaisée des textes légaux. Il a insisté sur l’importance d’écarter les craintes infondées au profit d’une analyse objective des missions confiées au Sénat.
Le bicamérisme, une réponse aux défis institutionnels
L’ancien parlementaire a rappelé que le Bénin s’inscrit dans une dynamique partagée par plusieurs nations ayant adopté le bicamérisme pour renforcer leur stabilité politique. Selon lui, cette approche permet de mieux encadrer les périodes de transition et d’éviter les blocages institutionnels.
Des exemples internationaux pour éclairer le débat
Pour illustrer son argumentaire, Lazare Maurice Sehouéto a cité des modèles étrangers où le bicamérisme a joué un rôle clé :
- La France : La Cinquième République, née en 1958, a été conçue pour mettre fin à l’instabilité ministérielle des régimes précédents, offrant ainsi un cadre plus robuste à la démocratie.
- L’Allemagne : Après la Seconde Guerre mondiale, le pays a structuré ses institutions pour prévenir toute dérive autoritaire et garantir le respect de l’État de droit.
Vers un débat constructif et factuel
Rejetant les interprétations hâtives et les accusations infondées, l’intervenant a souligné que le Sénat béninois a pour vocation première de favoriser l’unité nationale et de sécuriser les perspectives de développement du pays. Il a appelé les acteurs politiques et la société civile à privilégier les échanges basés sur des données tangibles et une approche sereine.
Lazare Maurice Sehouéto a conclu son intervention en invitant chacun à contribuer à un débat constructif, loin des caricatures et des spéculations. Pour lui, l’enjeu dépasse les clivages partisans : il s’agit de bâtir un avenir institutionnel solide et apaisé pour le Bénin.



