La perte de Kidal, ce fief touareg repris en 2023, représente un revers cuisant pour les troupes russes. Véritable fer de lance de la stratégie de Vladimir Poutine sur le continent, l’organisation Africa Corps voit son influence vaciller, entachant durablement la réputation de puissance du Kremlin.
Le spectacle de ce dimanche 26 avril dans le nord du Mali ressemblait fort à une déroute. Un convoi de véhicules militaires a quitté précipitamment la zone sous les cris de victoire des insurgés touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les membres d’Africa Corps, agissant pour le compte de la junte malienne, ont dû se retirer. Bien que ce départ résulte d’un accord préalable, les conditions restent humiliantes : soldats désarmés et recensés individuellement lors de l’abandon de ce point névralgique.
Pour narguer leurs adversaires, les rebelles ont brandi un drapeau français, une provocation symbolique forte. Selon Djenabou Cissé, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique, la prise de Kidal constituait l’unique réussite stratégique majeure des forces russes depuis leur déploiement au Mali en 2021. Aujourd’hui, cette débâcle sonne comme un aveu de faiblesse pour la présence russe dans la région.



