Politique

Réforme constitutionnelle en RDC : le débat s’intensifie

République démocratique du Congo, Kinshasa | Bâtiment du gouvernement (25.12.23)

Le projet de modification de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter les discussions dans l’espace public. Le 27 mai, l’Assemblée nationale a adopté le texte fixant les modalités du référendum. Depuis, les positions se radicalisent entre la majorité, qui plaide pour une refonte nécessaire des institutions, et l’opposition, qui y voit une tentative de Félix Tshisekedi de se maintenir au pouvoir.

Une jeunesse divisée sur un enjeu crucial

Au-delà du discours politique, une question demeure : quel est l’avis de la jeunesse congolaise, majoritaire dans le pays ? Certains jeunes à Kinshasa voient dans cette réforme une opportunité de refonder l’État. D’autres s’interrogent sur les priorités du gouvernement face aux crises économiques et sécuritaires.

Moïse Katumbi monte au créneau : « une ligne rouge à ne pas franchir »

DW-Interview | Belgique Bruxelles 2026 | L'opposant congolais Moïse Katumbi, lors d'un entretien avec Saleh Mwanamilongo (DW) à Bruxelles, en Belgique (06.06.26)

Le chef de l’opposition a déclaré : « La Constitution n’est pas une chemise que l’on change à volonté ». Il estime que le pouvoir a franchi une ligne rouge. Dans un entretien exclusif, Katumbi s’exprime sans détour sur les manifestations, le dialogue national et interpelle Tshisekedi sur les conséquences pour la démocratie.

La coalition C64 prépare une action en justice

Le 9 juin, à Kinshasa, la coalition C64 (regroupant plusieurs partis d’opposition, dont celui de Katumbi) prévoit de déposer une plainte contre Félix Tshisekedi pour tentative de confiscation du pouvoir. Cette action marque une escalade des tensions.

Des piétons dans une rue de Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 15 août 2019

Le juriste Jonas Ngalamulume relativise la portée de cette plainte, qu’il qualifie de symbolique. Elle s’inscrit dans une stratégie politique mais ses effets juridiques pourraient être limités. Néanmoins, elle nourrit le débat public et accroît la pression sur les institutions.

Alors que les positions se durcissent, la réforme constitutionnelle dépasse le cadre juridique pour devenir un enjeu politique central. Entre volonté de réforme et accusations de dérive autoritaire, l’avenir institutionnel de la RDC reste incertain, suspendu aux prochaines décisions et à la réaction de la population.