Le président Félix Tshisekedi a officialisé l’organisation imminente d’un dialogue national, qualifié d’inclusif et profondément républicain. Cette déclaration majeure intervient après une concertation fructueuse avec les dirigeants des principales confessions religieuses de la République Démocratique du Congo.
Lors d’un point de presse subséquent à cette annonce capitale, le porte-parole du gouvernement a précisé qu’une ordonnance présidentielle détaillerait l’architecture, les procédures et les spécificités de ce dialogue national, une initiative vivement souhaitée par une frange significative de la sphère sociopolitique congolaise.
Patrick Muyaya a souligné que le président de la République, en sa qualité de garant de la nation selon l’article 69 de la Constitution, prendrait personnellement les rênes de cette démarche. Il a affirmé qu’une ordonnance serait émise sous peu pour définir les contours et les modalités précises de ce rassemblement. L’objectif clair est de renforcer la cohésion nationale, en invitant tous les Congolais et Congolaises, animés par la volonté commune de mettre un terme à l’agression et de consolider l’unité du pays, avec le soutien des chefs des confessions religieuses.
Cet engagement résolu de Félix Tshisekedi à initier un dialogue national s’inscrit dans un environnement sociopolitique complexe. La République Démocratique du Congo est confrontée à une crise sécuritaire tenace dans sa partie orientale, où le gouvernement de Kinshasa pointe du doigt le Rwanda pour son soutien présumé à la rébellion de l’AFC/M23. Parallèlement, le pays est traversé par d’intenses controverses concernant une potentielle révision constitutionnelle. L’opposition dénonce une manœuvre de la majorité en place visant à modifier la Constitution pour permettre au président de dépasser la limite de deux mandats. Le pouvoir, quant à lui, réfute catégoriquement ces allégations.
Cette étape politique cruciale se déroule alors que les efforts diplomatiques actuels n’ont pas encore apporté les résultats escomptés. Les accords de Washington, facilités par les États-Unis pour apaiser les relations entre Kinshasa et Kigali, ainsi que le processus de Doha, mené par le Qatar pour trouver une solution entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23, n’ont pas abouti à une amélioration notable de la situation sur le terrain. En dépit de multiples rencontres et des interventions des médiateurs, les affrontements et les tensions demeurent, chaque partie continuant de reprocher à l’autre la violation des engagements de paix.
L’annonce de ce dialogue fait suite à une série de consultations régionales intenses, impliquant le Burundi, la République du Congo (Congo-Brazzaville) et l’Angola. Au cours de ces discussions, les chefs d’État voisins ont manifesté leur ferme intention de soutenir la République Démocratique du Congo dans la résolution de l’impasse actuelle. Ils ont unanimement insisté sur la nécessité impérieuse de maintenir l’unité nationale pour relever collectivement les défis de développement et garantir la souveraineté territoriale de la RDC.



