Présidentielle 2029 au Sénégal : une réforme électorale controversée ouvre la voie à Ousmane Sonko
Le président Bassirou Diomaye Faye a signé un décret promulguant une réforme controversée du code électoral, un texte qui pourrait bien redessiner le paysage politique sénégalais en vue de la présidentielle de 2029. Cette décision, officialisée par un décret authentifié, place Ousmane Sonko, Premier ministre en fonction, en position favorable pour briguer le fauteuil présidentiel.
Cette loi, adoptée en deux temps par l’Assemblée nationale avant d’être validée par le chef de l’État, suscite de vives réactions au sein même du Pastef. Certains responsables du parti y voient un moyen pour Bassirou Diomaye Faye de consolider son influence, tandis que d’autres dénoncent une manœuvre visant à favoriser Ousmane Sonko, dont l’éligibilité reste un sujet brûlant.
Une réforme électorale aux enjeux politiques majeurs
Le nouveau texte législatif, qui modifie en profondeur les conditions de déchéance civique, a été présenté comme une clarification des règles électorales. Parmi ses principales mesures, la loi fixe désormais à cinq ans la durée maximale de la déchéance des droits civiques après l’expiration d’une peine. Une disposition qui pourrait, dans les faits, permettre à Ousmane Sonko de recouvrer ses droits pour se présenter à l’élection de 2029.
Rappelons que le leader du Pastef avait été privé de ses droits civiques en 2024 après une condamnation pour diffamation, verdict confirmé en 2025. Cette situation l’avait empêché de se présenter à la présidentielle, un rôle qu’il avait alors confié à Bassirou Diomaye Faye, son allié de toujours.
Tensions internes au Pastef et spéculations politiques
La promulgation de cette loi a ravivé les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, alimentant les rumeurs sur leur avenir commun au sein du parti. Le texte avait d’abord été adopté le 28 avril, mais le président Faye avait demandé une seconde lecture en invoquant des « erreurs matérielles ». Une décision qui avait été interprétée comme un signe de désaccord avant que le projet ne soit finalement validé le 9 mai.
Certains observateurs estiment que cette réforme pourrait être le prélude à une stratégie politique audacieuse visant à préparer le terrain pour Ousmane Sonko. D’autres, plus sceptiques, y voient un moyen pour Bassirou Diomaye Faye de renforcer son contrôle sur le parti à quelques mois de l’échéance électorale.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : cette loi électorale va bouleverser les équilibres politiques au Sénégal et pourrait bien redéfinir les rapports de force pour la présidentielle de 2029.


