Politique

Pastef en congrès : ousmane sonko redessine la feuille de route

Le parti Pastef-Les Patriotes, majoritaire à l’Assemblée nationale, a organisé son tout premier congrès national depuis sa fondation en 2014. L’événement s’est déroulé à Dakar du samedi 6 au dimanche 7 juin. Ce rassemblement visait à donner un nouvel élan au parti dans un paysage politique en pleine recomposition, sous la direction de son président Ousmane Sonko, et à ajuster la gouvernance politique du Sénégal.

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Un vaste rassemblement populaire a clôturé, ce dimanche 7 juin à Dakar Arena, le premier congrès ordinaire de Pastef-Les Patriotes. Ousmane Sonko, désigné président et chef du parti majoritaire, s’est adressé à une foule de militants convaincus. Il a dévoilé une feuille de route politique en trois axes : renforcer l’idéologie du parti, interpeller directement l’exécutif et sécuriser le calendrier électoral. Sonko a d’abord tiré le bilan de ce qu’il nomme « la première phase de la clarification », lancée lors du grand rassemblement du 8 novembre précédent. « Politiquement, le Pastef est resté lui-même et sort de cette clarification renforcé », a-t-il déclaré. S’il admet que cette période a apporté « des surprises et des déceptions », il assure n’en avoir ressenti aucune personnellement. Il a ensuite revendiqué pour son mouvement la paternité des combats essentiels : la lutte contre la corruption, la justice, la renégociation des contrats et, surtout, le maintien de la majorité à l’Assemblée nationale.

Sur le plan de la gouvernance, Sonko a lancé des attaques directes contre le chef de l’État. « Ce pays a assez souffert des complots et des combines », a-t-il martelé, appelant chaque institution à rester dans son rôle constitutionnel sans se laisser instrumentaliser par des ambitions personnelles. La mise en garde était claire : « Même si le président veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions. »

Face aux discours évoquant une crise institutionnelle, il a opposé une lecture souveraine du résultat des urnes : « Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. C’est le peuple qui a choisi de confier la présidence à quelqu’un et l’Assemblée nationale à un autre. »

Le verrou parlementaire sur les élections locales

Ousmane Sonko a également fermé toute possibilité de report des élections locales, en utilisant à la fois un argument politique et un argument procédural. « Pastef ne sera jamais d’accord pour un report des élections locales », a-t-il affirmé, avant de rappeler les contraintes constitutionnelles qui lient l’exécutif : « Pour le faire, il faut passer par l’Assemblée et voter une loi d’habilitation. »

À l’issue du meeting d’investiture du président de Pastef, la ligne semblait tracée pour une nouvelle reconfiguration de la scène politique et une nouvelle gouvernance du jeu politique.

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Ousmane Haïdara
Journaliste