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Pascal tigri : les mensonges du régime de Niamey sur son rôle dans l’affaire béninoise

La disparition du lieutenant-colonel Pascal Tigri, principal instigateur de la tentative de coup d’État avortée au Bénin le 7 décembre 2025, continue de réserver des surprises. Son absence prolongée, couplée aux déclarations contradictoires des autorités nigériennes, commence à lever le voile sur une vérité bien plus gênante que prévu. Les experts en sécurité et les observateurs politiques s’accordent sur un point : le régime de Niamey a joué un rôle bien plus actif qu’il ne veut bien l’admettre.

Des frontières nigériennes manipulées : une preuve accablante

Les propos d’Olivier Vallée, économiste français et ancien conseiller technique au Niger, ont ébranlé la version officielle défendue par la junte militaire nigérienne. En confirmant la présence de Pascal Tigri sur le territoire nigérien après l’échec de l’opération au Bénin, l’expert a balayé d’un revers de main les allégations d’une implication nulle du Niger dans cette affaire.

Les anomalies dans la gestion des frontières nigériennes entre le 6 et le 8 décembre 2025 parlent d’elles-mêmes. Alors que Niamey ouvre subitement ses frontières la veille de la tentative de coup d’État, les mêmes postes frontaliers se verrouillent brutalement le lendemain, dès que l’échec de l’opération est confirmé. Une synchronisation troublante qui ne peut être qualifiée de simple coïncidence.

Selon les analyses d’Olivier Vallée, Pascal Tigri aurait trouvé refuge au Niger immédiatement après son échec, avant de disparaître vers d’autres destinations. Bien que l’expert exclue un soutien militaire direct de l’État nigérien, la complicité locale ne fait aucun doute : « Le Niger a servi de base arrière pour organiser sa fuite », précise-t-il. Une protection discrète, mais bien réelle, qui révèle une volonté de dissimulation derrière les déclarations rassurantes des autorités.

Diplomatie et duplicité : un rapprochement en trompe-l’œil

Le 24 mai dernier, la présence du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, à l’investiture du président béninois Romuald Wadagni, avait été présentée comme un geste fort de normalisation des relations entre les deux pays. Pourtant, les faits rappellent cruellement que les mots ne suffisent pas à effacer les actions passées.

Alors que Cotonou offre une prime de 20 millions de francs CFA pour la capture de Pascal Tigri, le Niger se retrouve pris au piège de ses propres contradictions. Entre l’accueil temporaire du fugitif et les manipulations frontalières, la duplicité du régime de Niamey est désormais impossible à ignorer. Cette affaire menace de compromettre les efforts de rapprochement, révélant un double jeu qui pourrait bien coûter cher à la junte.