Politique

Ousmane sonko dénonce les dérives du passé et les blocages du Sénégal

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dirigé, jeudi 21 mai, un Conseil interministériel marqué par une vive critique des dysfonctionnements hérités de l’ère Macky Sall. Lors de cette réunion, le chef du gouvernement a révélé les résultats alarmants d’un audit sur les infrastructures et le patrimoine public, mettant en lumière un gaspillage colossal de ressources.

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Selon les données présentées par la Primature, 245 projets stratégiques sont aujourd’hui à l’arrêt ou sous-exploités, pour un montant total estimé à plus de 5 000 milliards de FCFA – soit l’équivalent du budget annuel de l’État. Parmi ces projets, 62 chantiers sur 94 sont paralysés, engendrant des surcoûts dépassant les 5 227 milliards de FCFA.

Le cas du lycée de Sandiara, lancé en 2014 et toujours inachevé en 2024, a particulièrement retenu l’attention de Sonko. « Douze années pour construire un simple lycée ? C’est une hérésie ! » a-t-il dénoncé, soulignant l’absurdité d’une gestion aussi chaotique.

La justice dans le viseur : un système à réformer

Le Premier ministre n’a pas épargné le système judiciaire, qu’il accuse de protéger les responsables de l’ancien régime impliqués dans des affaires de détournements de fonds publics. « Parfois, j’ai des doutes. Je me demande si cela vaut vraiment la peine de continuer », a-t-il lancé, évoquant un climat d’impunité généralisée.

Ousmane Sonko a dénoncé l’existence de « sabotages judiciaires » impliquant certains magistrats, estimant que « les dossiers appartiennent au peuple, pas aux tribunaux ». Il a prévenu : « Dans les semaines à venir, je compte hausser le ton pour que justice soit rendue. »

Une reddition des comptes inévitable

Face à l’ampleur des scandales révélés, le chef du gouvernement a réaffirmé sa détermination à établir une reddition des comptes exhaustive. « Certains pensent même que les sommes gaspillées équivalent à notre dette publique. C’est du vol pur et simple », a-t-il conclu, promettant des mesures radicales pour assainir la gestion publique.

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Ousmane Haïdara
Journaliste