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Niger : le CNSP sous pression après une semaine de crises

Une semaine marquée par des tensions internes à Niamey et une menace terroriste aux portes de la capitale a mis le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) face à une dégradation sécuritaire alarmante. Entre le 28 août et le 3 septembre, les événements ont révélé des fractures profondes au sein de l’armée et un lourd tribut payé par les forces de sécurité et les civils.

Violent affrontement à la base aérienne 101

Dans la nuit du 28 au 29 août, la base aérienne 101 de Niamey, site stratégique abritant des aéronefs et des unités du bataillon de sécurité et de renseignement (BSR), a été le théâtre d’affrontements d’une intensité rare. Des éléments des forces spéciales, épuisés par des déploiements répétés sur les fronts du Nord et de l’Ouest, se sont opposés à la Garde présidentielle, appuyée par des instructeurs de la société militaire privée russe Africa Corps. Les échanges de tirs, y compris à l’arme lourde, ont causé la mort d’au moins 43 soldats nigériens, une perte considérable pour l’armée en dehors des zones de combat contre les groupes armés.

Raids meurtriers dans la région de Tillabéri

Alors que les autorités tentaient de reprendre le contrôle de la base, la situation s’est dégradée dans la zone du fleuve Niger et les communes rurales du Nord-Ouest. Les 2 et 3 septembre, des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) ont lancé des attaques coordonnées contre quatre localités de la région de Tillabéri : Darbani, Diamballa, Namarigoungou et Zibane, dans la commune d’Anzourou.

Le bilan humain et matériel est lourd :

  • À Diamballa, l’arrivée soudaine des assaillants a semé la panique. Deux fillettes se sont noyées en tentant de traverser une mare voisine, et un habitant a été grièvement blessé par balle.
  • À Namarigoungou, un civil a été exécuté lors de la prise du village, et les assaillants ont pillé les troupeaux.
  • À Zibane, l’assaut du 3 septembre a fait six morts, dont un membre des milices locales de défense, et plusieurs centaines de têtes de bétail ont été emportées.

Le JNIM aux portes de Niamey

Le fait le plus marquant est la progression du JNIM à proximité immédiate du pouvoir. Le 2 septembre, vers 5 heures du matin, une unité mobile du groupe a attaqué le poste de gendarmerie de Komba, sur l’axe menant à Namaro, à seulement dix kilomètres de la capitale. Cette incursion a contraint l’armée à ériger des barrages et à fermer temporairement la circulation sur la route nationale près du 3ᵉ pont de Niamey.

Cette attaque survient quelques jours après la libération par les autorités nigériennes, le 28 août, de 20 combattants du JNIM dans le cadre d’un échange d’otages. Elle démontre la capacité du groupe à maintenir une pression opérationnelle directe sur les accès à Niamey, malgré les négociations en cours.

Discours officiel et réalité du terrain

Face à ces crises, le discours officiel, relayé par les médias d’État (RTN) et le capitaine Roger Gabriel, continue d’attribuer la déstabilisation à des coalitions et ingérences étrangères impliquant plusieurs pays voisins. Cependant, la simultanéité des pertes à la base 101 et de l’incursion de Komba révèle un fossé croissant entre la communication sur la souveraineté et les réalités d’un terrain où les unités d’élite et les populations rurales paient un lourd tribut.