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Mobilisation des avocats du Maroc : une grève illimitée pour défendre l’indépendance de la profession

Depuis plusieurs jours, les avocats marocains poursuivent leur mouvement de protestation à Rabat, devant le siège du Parlement. Armés de brassards rouges, symbole de leur détermination, ils dénoncent avec force un projet de loi qu’ils considèrent comme une menace pour leur autonomie professionnelle, notamment face au parquet général et au ministère de la Justice.

Des revendications centrées sur l’indépendance et la formation

Les robes noires, massivement présentes lors de ce rassemblement permanent, critiquent vivement les dispositions du texte législatif. Elles pointent du doigt l’atteinte portée à leur indépendance, notamment à travers les mesures disciplinaires proposées. Autre point de friction : le transfert au ministère de la Justice de la gestion des formations obligatoires pour les futurs avocats. Les professionnels s’insurgent également contre l’abaissement de l’âge minimal requis pour se présenter au concours d’entrée dans la profession.

Une mobilisation qui s’intensifie face aux menaces perçues

Lors d’un rassemblement précédent, les représentants de l’ordre des avocats avaient clairement affiché leur fermeté. «La bataille ne fait que commencer», avaient-ils clamé, promettant d’amplifier leur action si le projet de loi n’était pas abandonné. Aziz Rouibah, bâtonnier de Rabat, a réitéré cette position intransigeante, qualifiant le texte de «menace existentielle» pour la profession. «Nous refusons catégoriquement cette offensive législative qui vise à affaiblir notre rôle», a-t-il martelé, soulignant l’urgence de préserver les valeurs fondamentales de la justice.

Un appel à l’unité et à l’intérêt général

Me Mounir Belghiti, membre éminent du Conseil de l’Ordre des avocats de Rabat, a insisté sur la nécessité d’une législation respectueuse des principes démocratiques. Pour lui, le texte actuel reflète des «rancœurs personnelles» plutôt qu’un souci d’efficacité ou d’équité. «Une loi doit incarner l’avenir et l’intérêt commun, pas servir des intérêts particuliers», a-t-il souligné, avertissant que le blocage actuel révèle une crise de confiance dans les institutions.

Les débats parlementaires autour de ce projet de loi se poursuivront dans les jours à venir à la Chambre des conseillers. Si des amendements sont adoptés, le texte sera renvoyé à la Commission de la justice de la Chambre des représentants pour une nouvelle lecture.

Des répercussions majeures sur le système judiciaire

En parallèle, les tribunaux marocains subissent de plein fouet les conséquences de cette grève illimitée. Les audiences sont massivement reportées, plongeant les justiciables dans une incertitude préjudiciable, en particulier pour les personnes en détention préventive, dont les procédures sont suspendues depuis près d’un mois.

L’Association des barreaux du Maroc (ABAM), qui fédère l’ensemble des ordres d’avocats du Royaume, reste en première ligne pour défendre les intérêts de la profession face à cette réforme contestée.