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Mali : une nouvelle attaque jihadiste frappe un camp militaire au centre du pays

La coordination jihadiste du Jnim, affiliée à Al-Qaïda et principale force armée non étatique active au Sahel, a mené ce dimanche un assaut contre une caserne des Forces armées maliennes (FAMa) située dans une zone centrale du Mali. Cet événement s’inscrit dans une dynamique d’affrontements récurrents, révélant les difficultés persistantes des autorités maliennes à sécuriser les territoires ruraux malgré les promesses de stabilisation.

Une nouvelle offensive contre les positions gouvernementales

L’attaque a ciblé une base militaire implantée dans une région où l’influence du Jnim s’est considérablement renforcée ces dernières années. Le centre du pays, notamment les environs de Mopti et Ségou, constitue depuis plusieurs années l’un des épicentres des violences opposant l’armée malienne aux groupes armés. La nébuleuse dirigée par Iyad Ag Ghali a su tirer profit des fractures locales et du désengagement partiel de l’État pour étendre son emprise territoriale.

Les assaillants ont adopté une stratégie classique : une attaque éclair, suivie d’une tentative de récupération d’armes et de véhicules, avant de se replier rapidement. Cette méthode, souvent menée par des combattants mobiles à moto, illustre l’adaptation tactique du Jnim face aux forces régulières. Les pertes humaines restent pour l’instant non communiquées, les autorités maliennes contrôlant strictement toute information relative aux revers subis par leurs troupes.

L’évolution du paysage sécuritaire au Mali

L’année 2023 a marqué un tournant avec le départ définitif de la Mission de l’ONU (MINUSMA) et des forces Barkhane. Bamako a depuis lors misé sur son autonomie opérationnelle, s’appuyant notamment sur le soutien du Africa Corps, héritier du groupe Wagner après la disparition d’Evguéni Prigojine. Pourtant, cette réorientation n’a pas suffi à enrayer la montée en puissance des groupes jihadistes, dont les attaques contre les positions militaires se multiplient.

Le Jnim, dirigé depuis 2017 par le chef touareg Iyad Ag Ghali, fédère des factions issues d’Ansar Dine, du Front de libération du Macina et d’Al-Mourabitoune. Son action s’étend désormais au-delà des frontières maliennes, menaçant simultanément le Burkina Faso et le Niger, trois pays liés par l’Alliance des États du Sahel (AES). L’organisation cherche à asphyxier les centres urbains en instaurant des blocus routiers et en imposant son propre système de gouvernance dans les zones sous son contrôle.

Un défi majeur pour les autorités de transition

Pour le gouvernement provisoire dirigé par le général Assimi Goïta, la répétition de ces attaques représente un double enjeu : militaire et politique. La crédibilité du pouvoir repose en effet sur sa capacité à rétablir la sécurité et la souveraineté nationale. Pourtant, les revers successifs, notamment celui enregistré à Tinzaouatène en juillet 2024 face à une alliance de rebelles et de combattants du Jnim, alimentent les doutes sur l’efficacité de la stratégie actuelle.

Les partenaires régionaux, conscients du danger, tentent de coordonner leurs efforts. La Confédération des États du Sahel, créée en juillet 2024 entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, visait à mutualiser les moyens de lutte antiterroriste. Toutefois, les réalités opérationnelles divergent entre Bamako, Ouagadougou et Niamey, chaque pays faisant face à ses propres défis. Parallèlement, l’accès humanitaire se dégrade dans les zones soumises à l’influence jihadiste, où les organisations non gouvernementales peinent à poursuivre leurs missions.

La fréquence des attaques contre les bases militaires interroge également sur la pertinence de la stratégie de défense adoptée par les FAMa. Le regroupement des soldats dans des camps fortifiés, censé limiter les risques, en fait paradoxalement des cibles prioritaires pour un adversaire capable de concentrer ses forces. À terme, la question de la reconquête des territoires perdus et du maillage sécuritaire du pays deviendra un impératif incontournable pour les autorités maliennes.