Le groupe terroriste Jnim, lié à Al-Qaïda, a officiellement exhorté à la création d’un large « front commun » pour renverser le régime militaire en place au Mali depuis 2020. Dans un message diffusé ce jeudi, l’organisation plaide pour l’instauration d’une « transition pacifique et inclusive ». Le mouvement s’adresse directement aux forces vives de la nation, incluant les partis politiques, l’armée nationale, les chefs religieux et traditionnels, ainsi que l’ensemble de la société civile malienne, pour unir leurs efforts contre le pouvoir actuel.
Cet appel survient cinq jours après des opérations militaires d’envergure menées conjointement par le Jnim et les insurgés du FLA (Front de libération de l’Azawad). Ces attaques ont visé des sites stratégiques dans plusieurs localités clés, notamment la capitale Bamako, son bastion voisin Kati, ainsi que Kidal, Gao et Sévaré. Le Jnim martèle qu’il est crucial de mettre fin à ce qu’il qualifie de « dictature » par tous les moyens, tout en affichant sa volonté de bâtir un nouvel État basé sur la charia, la loi islamique.
Un climat de tension extrême sur le sol malien
Le groupe a revendiqué la libération de la cité de Kidal, bastion de la rébellion touareg, précisant que cette opération a été réalisée en étroite collaboration avec le FLA. En revanche, le Jnim affirme être l’unique auteur des frappes destructrices portées contre Gao, Sévaré, Kati et les infrastructures de l’aéroport de Bamako. L’organisation a également annoncé son intention de mettre la capitale sous blocus.
La situation sécuritaire demeure alarmante et le pays est en proie à une vive fébrilité. Ces offensives multiples ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, parmi lesquelles figurent des civils et des membres des forces de sécurité. Si le chef de l’État, Assimi Goïta, a déclaré ce mardi que les forces gouvernementales maîtrisaient désormais la situation, il a néanmoins reconnu que le Mali traversait une période d’une « extrême gravité ». De son côté, la Russie, par la voix du Kremlin, a confirmé qu’elle poursuivrait son appui militaire aux autorités maliennes actuelles.



