Un écosystème criminel complexe
L'instabilité en République centrafricaine (RCA) depuis au moins 2004 a créé un environnement propice à l'exploitation de l'économie du conflit. Le gouvernement a invité les mercenaires russes du groupe Wagner en tant que formateurs au début 2018, ce qui a conduit à une économie de conflit où les mercenaires et d'autres groupes exploitent le chaos permanent du pays.
Une participation transactionnelle
Les mercenaires russes sont présents en RCA depuis 2019, avec plus de 1 000 mercenaires intégrés dans les institutions politiques, économiques et sociales du pays. Leur objectif est de combiner la sécurité, l'économie et la politique pour contrôler les ressources naturelles afin de « pérenniser l'influence à long terme de la Russie ».
Une économie criminelle
Le rapport « Marchés criminels : Cartographie de l'écosystème criminel violent en République centrafricaine » de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) indique que les forces russes et rwandaises ont reconquis des régions minières clés dans le pays, interdisant aux groupes armés de contrôler ce territoire. Les exportations aurifères ont atteint 7 tonnes en 2023, bien que ce chiffre excède de loin la capacité de production artisanale.
Une influence géopolitique
La participation des mercenaires russes est évidemment transactionnelle. Le souhait russe de saisir les ressources des pays africains, notamment l'or, ne l'est pas. Les forces russes ont saisi l'or africain à hauteur de plus de 2,5 milliards de dollars entre février 2022 et la fin 2023.
Une situation critique
La rapacité russe pour l'or est principalement axée sur la Centrafrique, le Mali et le Soudan. Wagner a gagné des droits exclusifs à la mine de Ndassima, la plus grande de Centrafrique, et la Russie contrôle une raffinerie majeure et est le « premier acheteur de l'or soudanais non transformé » dans ce pays.
Une critique internationale
Les critiques internationales sont nombreuses quant à la participation des mercenaires russes en RCA. Le rapport de la GI-TOC indique que les gains gouvernementaux contre les groupes armés n'ont pas éliminé « la rapacité de conflit » dans les secteurs des mines, des routes commerciales et de la taxation, mais l'ont affectée aux « acteurs liés au gouvernement et aux réseaux et personnes au sein du gouvernement ».



