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Le trafic d’or au Cameroun : me sikati dénonce les ministres « magiciens »

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Le trafic d’or au Cameroun : Me Sikati dénonce les ministres « magiciens »

Le membre du bureau politique du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, Me Désiré Sikati, fustige les déclarations officielles sur la gestion de l’or au Cameroun.

Rédaction
||4 min de lecture
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L’or camerounais sous le feu des critiques : le ministre des Mines face aux accusations de « magie »

Lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé le 15 juillet 2026, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry, a tenté de rassurer l’opinion publique. Il a fermement démenti toute disparition d’or appartenant à l’État camerounais, tout en reconnaissant une fraude massive dans la filière aurifère.

Cette intervention, menée en présence du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, visait à calmer les tensions après la révélation d’un manque à gagner fiscal estimé à près de 2 000 milliards de FCFA. Le gouvernement camerounais attribue cette situation à des pratiques frauduleuses de la part des opérateurs privés, qui minimisent les volumes d’or extraits.

Cependant, les chiffres publiés par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) contredisent cette version. En 2023, seulement 22 kg d’or ont été déclarés à l’exportation par le Cameroun, contre 15 tonnes enregistrées par les douanes des Émirats arabes unis.

La Société Nationale des Mines (Sonamines) estime à 44 tonnes la quantité d’or ayant échappé aux circuits officiels entre 2021 et 2025. Une situation qui suscite l’indignation de nombreux observateurs.

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Les réformes annoncées pour endiguer le trafic

Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement camerounais a annoncé plusieurs mesures fortes. Une équipe mixte, composée de représentants de la Sonamines, de la Direction Générale des Impôts (DGI) et de la Direction Générale des Douanes (DGD), sera déployée sur le terrain pour effectuer des contrôles inopinés.

Parmi les autres initiatives prévues, le recrutement d’un expert international chargé d’évaluer le potentiel réel des gisements et d’imposer une taxation minimale, indépendante des déclarations des exploitants. Ces réformes visent à renforcer la transparence et à sécuriser les recettes de l’État.

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La réaction cinglante de Me Sikati

Me Désiré Sikati, membre influent du bureau politique du MRC, n’a pas mâché ses mots pour critiquer la gestion de la crise par le gouvernement. Dans un communiqué acide, il a déclaré :

CERTAINS MINISTRES CAMEROUNAIS SONT DE VRAIS MAGICIENS

Le ministre des Mines du Cameroun s’appelle Fuh Calistus. Il a été nommé pour remplacer son prédécesseur, Gabriel Dodo Ndoke, décédé dans des circonstances troubles et jamais élucidées.

Fuh Calistus a affirmé hier lors d’une conférence de presse qu’« il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État ». Pourtant, le scandale du trafic d’or fait la une de la presse nationale et internationale.

Il est important de souligner que le ministre ne nie pas la disparition de l’or, mais affirme que celui-ci n’appartient pas à l’État camerounais. Une affirmation pour le moins surprenante, alors que le Code minier camerounais est clair : le sous-sol et ses ressources, dont l’or, appartiennent à l’État.

Me Sikati interroge : à qui appartient donc cet or dont la disparition a été révélée ? Il rappelle que le Code minier camerounais stipule sans ambiguïté que l’or extrait du sol appartient à la nation.

Pour lui, cette crise révèle une réalité troublante : certains responsables ne servent pas les intérêts du Cameroun, mais les leurs. « Ils ne sont pas là pour le Cameroun. Ils sont là pour leurs intérêts », assène-t-il.

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