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Le premier ministre sénégalais dénonce les pressions de l’occident sur la question de l’homosexualité

Le Premier ministre sénégalais dénonce les pressions de l’Occident sur la question de l’homosexualité

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko lors d'une conférence à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar en mai 2024

Le gouvernement sénégalais maintient fermement sa position sur la question de l’homosexualité. Lors d’une récente intervention devant les députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement critiqué les velléités occidentales qu’il accuse de vouloir imposer des normes sociétales contraires aux valeurs du pays.

Début mars, le Parlement sénégalais a adopté une loi controversée, doublant les peines encourues pour relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans de prison. Promulguée fin mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions sociales accrues et de multiples arrestations liées à l’homosexualité présumée.

Une loi renforcée face aux critiques internationales

Ousmane Sonko a dénoncé avec force ce qu’il qualifie de « tyrannie » exercée par certains pays occidentaux. « Nous sommes face à une minorité qui, malgré elle-même, souhaite dicter ses choix à l’ensemble de la planète », a-t-il affirmé. Selon lui, ces pressions révèlent une volonté hégémonique de remodeler les sociétés africaines selon des principes qui leur sont étrangers.

Le chef du gouvernement a pris soin de distinguer les pratiques des pays occidentaux de celles du reste du monde. « S’ils ont choisi de normaliser ces comportements, c’est leur affaire. Mais nous n’avons aucune leçon à recevoir, surtout pas de la France ou d’autres nations lointaines », a-t-il déclaré avec fermeté.

Aucun compromis sur l’application de la loi

Face aux appels au moratoire formulés par un collectif de personnalités africaines, Ousmane Sonko a opposé une fin de non-recevoir catégorique. « Il n’y aura pas de moratoire. Ceux qui s’y opposent montrent simplement leur complexité face à nos traditions », a-t-il souligné, pointant du doigt une certaine élite sénégalaise.

Le Premier ministre a par ailleurs exigé de la justice une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la nouvelle législation. Son objectif affiché ? Mettre un terme à la propagation de l’homosexualité dans le pays, une position qui reflète les convictions profondes d’une partie de la société sénégalaise, majoritairement musulmane.

Cette fermeté gouvernementale intervient alors que des arrestations pour homosexualité présumée se multiplient depuis l’entrée en vigueur de la loi, illustrant la détermination des autorités à faire respecter ce texte au pied de la lettre.