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Laurent Gbagbo reste président du PPA-CI en Côte d’Ivoire

© Damien Glez

Après des mois de suspense, l’homme politique ivoirien Laurent Gbagbo a finalement choisi de prolonger sa carrière à la tête du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI). Une décision qui marque un revirement complet par rapport aux rumeurs récurrentes évoquant son retrait progressif de la vie publique.

Un engagement motivé par la ferveur populaire

Plusieurs facteurs ont pesé dans la balance. D’abord, la prolongation du mandat présidentiel d’Alassane Ouattara, perçue comme une provocation par les partisans de Gbagbo. Ensuite, la performance en demi-teinte du PPA-CI lors des dernières élections législatives de 2025, qui a poussé son leader historique à réagir. Enfin, la pression exercée par une partie de la base militante, convaincue que son expérience reste indispensable pour guider la Côte d’Ivoire à travers une période de turbulence politique.

Le 14 et 15 mai, lors du premier congrès ordinaire du parti organisé au Palais de la culture de Treichville, Laurent Gbagbo a été reconduit à la présidence du PPA-CI, à distance. Une décision saluée par une salle en liesse, mais qui soulève des questions sur l’avenir d’un mouvement politique en quête de renouvellement.

Une unité retrouvée après des divisions internes

L’euphorie des quelque 3 000 congressistes, scandant le nom de leur mentor, contraste avec les tensions qui ont secoué le parti ces derniers mois. Des figures comme l’ancien vice-président exécutif Ahoua Don Mello ont tenté une candidature solitaire à l’élection présidentielle d’octobre, avant d’être finalement écartées. Une fronde qui a poussé le comité central à purger le parti de ses éléments les plus contestataires.

Parmi les exclus : le maire de Lakota Prince Arthur Dalli, le député indépendant Stéphane Kipré et le professeur Georges Armand Ouégnin. Tous ont été suspendus pour des durées allant de trois à dix-huit mois, officiellement pour désobéissance envers la ligne officielle du parti, notamment son refus de participer aux scrutins récents.

Ces mesures radicales visent à renforcer la cohésion interne, mais risquent d’affaiblir davantage un parti déjà en difficulté. Le PPA-CI, qui n’a pas présenté de candidats aux dernières législatives, peine à se repositionner sur l’échiquier politique ivoirien.

Un leadership symbolique, mais un parti en quête de souffle

Si Laurent Gbagbo, surnommé le « boulanger », assure désormais un rôle plus symbolique que managérial au sein du PPA-CI, son aura reste intacte. Son discours du 15 mai devant les congressistes et la « fête de la Renaissance » organisée le lendemain à Songon ont rappelé son ancrage populaire. Pourtant, la question de la relève se pose avec acuité : qui prendra le relais d’un leader octogénaire dans un parti où les nouvelles générations peinent à émerger ?

Entre nostalgie et réalisme politique, Laurent Gbagbo a choisi de rester, mais le parti qu’il préside doit désormais prouver qu’il peut concilier tradition et modernité pour espérer retrouver un second souffle.