Kinshasa submergée par l’afflux de déplacés de guerre
24 juin 2026Des milliers de déplacés ayant fui les combats dans l’est de la République démocratique du Congo vivent dans une détresse humanitaire profonde à Kinshasa. Plusieurs décès ont été constatés, faute d’aide.
Ces personnes, majoritairement originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ont quitté leurs foyers il y a plus d’un an pour échapper à l’avancée des rebelles de l’AFC-M23. D’autres viennent de l’Ituri, où les attaques de groupes armés comme la Codéco et les ADF sèment la terreur.
Abandonnés à leur sort
Plus de 2 600 ménages sont aujourd’hui dans une situation alarmante. Beaucoup se retrouvent sans abri après avoir été chassés des églises et mosquées qui les accueillaient.
Ce qui inquiète le plus, c’est la présence de nombreuses personnes vulnérables parmi eux.
« Parmi les personnes vulnérables, nous avons des femmes enceintes, des personnes vivant avec handicap, des enfants, des étudiants, et des personnes âgées. Ils sont ici sans accès aux soins de santé, au logement, ni à la nourriture. Ils sont en difficulté totale », déplore Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.
Le calvaire des étudiants déplacés
Certains étudiants ont fui la guerre, d’autres étaient déjà arrivés à Kinshasa avant le conflit pour poursuivre leurs études. Aujourd’hui, ils vivent dans des conditions précaires, loin de leurs parents qui ont fui ou, pire, ont été tués. Jacques Chiza, leur représentant, témoigne.
« Nous traversons des moments très difficiles. Nous n’avons pas de quoi manger. La majorité des étudiants passent la nuit dehors, faute de logement. Nous n’avons aucune assistance. Nous lançons un appel à toute personne de bonne volonté, car la situation est alarmante », alerte-t-il.
L’État attendu pour une réponse immédiate
Seize personnes sont déjà mortes à Kinshasa, faute d’accès aux soins de santé. Les déplacés ont multiplié les appels aux autorités et aux organisations humanitaires, sans résultat concret jusqu’à présent. Ils réclament une prise en charge par l’État.
« Nous avons des cas de maladie tous les jours. Je lance un cri d’alarme à la communauté internationale, aux organisations des Nations unies et au gouvernement pour qu’ils interviennent », insiste Jordan Mulikuza, avant d’ajouter : « Nous demandons aux autorités d’agir avant que le pire n’arrive. Nous lançons un appel pressant au chef de l’État pour une action urgente. »
Les déplacés souhaitent être regroupés sur un site pour faciliter l’accès à l’aide humanitaire. Interrogé, Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, a déclaré : « Leur situation est connue et fait l’objet d’une étude pour une solution durable. Il est encore trop tôt pour en parler. Nous en saurons plus au moment opportun. »
Cela signifie qu’aucune décision n’a encore été prise pour venir en aide à ces milliers de déplacés internes, qui survivent comme ils peuvent dans la capitale congolaise.


