L’opposant et ancien vice-Premier ministre José Makila Sumanda s’est livré à une série de déclarations tranchées jeudi, lors d’un échange en direct. Il a abordé la situation sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo et le rôle de l’ex-président Joseph Kabila dans le dossier.
Interrogé sur la présence de Kabila dans les zones contrôlées par le M23, Makila a fermement rejeté les soupçons de complicité entre l’ancien chef de l’État et la rébellion. « Aucun membre du M23 n’a assuré la protection de Kabila », a-t-il martelé, précisant que toute la population du Nord-Kivu et du Sud-Kivu vivant sous administration du M23 est soumise aux mêmes forces de l’ordre.
Selon lui, durant son mandat, Kabila s’est contenté de « défendre l’intégrité du territoire » et n’a jamais eu de contentieux personnel avec les chefs rebelles Makenga ou Nanga. « Aujourd’hui, il n’a plus cette responsabilité. En quoi le condamnez-vous ? », a-t-il interrogé.
L’opposant en a profité pour retourner l’accusation contre le président Félix Tshisekedi, qu’il tient pour responsable du retour du M23 sur la scène congolaise. « Ce n’est pas Kabila qui a ramené le M23 à Kinshasa, c’est Tshisekedi », a-t-il asséné, estimant que l’actuel chef de l’État a normalisé les relations avec le mouvement, rendant toute critique envers son prédécesseur incohérente.
Makila a également apporté une distinction qu’il juge fondamentale dans la nature du conflit : celle entre une guerre interétatique déclarée et une rébellion appuyée de l’extérieur. Il a rejeté la comparaison avec le conflit russo-ukrainien, affirmant que la RDC n’est pas formellement en guerre contre le Rwanda. « Nous possédons des Sukhoï et des drones. Pourquoi ces appareils ne vont-ils pas pilonner le Rwanda ? », a-t-il demandé, soulignant l’absence de frappes directes sur le territoire rwandais comme preuve qu’il ne s’agit pas d’un conflit entre États.
Prudent sur les aspects militaires, Makila a revendiqué une analyse strictement politique. « Je suis cent pour cent politique. Je vous dis ce que je connais en politique », a-t-il conclu, refusant de s’aventurer hors de son domaine.



