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Iyad ag ghaly et ses lieutenants : le Mali propose une prime record pour leur capture

Iyad Ag Ghaly et ses lieutenants : le Mali propose une prime record pour leur capture

Portrait d'Iyad Ag Ghaly

Les autorités maliennes ont lancé une offensive sans précédent contre le terrorisme en mettant à prix la tête des principaux chefs djihadistes et séparatistes du pays. Une prime exceptionnelle de deux milliards de francs CFA est désormais promise à quiconque fournira des informations permettant l’arrestation d’Iyad Ag Ghaly, figure emblématique du djihadisme sahélien. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions extrêmes après les violentes attaques de Kidal et Kati fin avril, qui ont coûté la vie au ministre de la Défense malien.

Le communiqué officiel, signé par le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, invite la population à collaborer activement avec les forces de sécurité. Sept individus sont désormais traqués, présentant une menace directe pour la stabilité du Mali.

Les cibles prioritaires des autorités maliennes

Scène de marché au Mali

Le gouvernement malien a détaillé les montants des récompenses offertes pour la capture des responsables terroristes et séparatistes. Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), voit sa tête mise à prix à deux milliards de francs CFA.

Parmi les autres figures recherchées :

  • Amadou Koufa, chef de la katiba Macina, et Abdoulaye Mohamed alias Habib, tous deux proposés à 1,5 milliard de francs CFA ;
  • Algabas Ag Intallah, responsable du Front de libération de l’Azawad, à 1 milliard de francs CFA ;
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, trois cadres du FLA, à 500 millions de francs CFA chacun.

Cette initiative fait suite aux attaques coordonnées du 25 avril, qui ont marqué un tournant dans la stratégie des groupes armés. Ces événements ont révélé une alliance inédite entre djihadistes et séparatistes, avec des conséquences dramatiques pour la sécurité nationale.

Qui est Iyad Ag Ghaly, l’homme le plus recherché du Sahel ?

Iyad Ag Ghaly lors d'une rencontre en 2012

Né en 1958 dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly incarne l’évolution du conflit malien. Ancien rebelle touareg, il a progressivement basculé dans le djihadisme après avoir servi dans les rangs de Kadhafi en Libye.

Son parcours est marqué par une succession de mouvements armés :

  • Fondation du Mouvement populaire pour la libération de l’Azawad (MPLA) dans les années 1990 ;
  • Création du Mouvement populaire de l’Azawad (MPA) avant de signer un accord de paix en 1992 ;
  • Rapprochement avec les groupes djihadistes à partir de 2007, notamment avec AQMI ;
  • Fondation d’Ansar Dine en 2012, puis du JNIM en 2017, fusion de plusieurs groupes affiliés à Al-Qaïda.

Selon les analystes du Timbuktu Institute, Iyad Ag Ghaly a radicalement modifié sa stratégie ces derniers mois. Plutôt que de privilégier les combats directs, il mise désormais sur le blocage économique pour asphyxier le pays.

Son objectif ? Affaiblir le gouvernement de Bamako en privant la population de ressources essentielles. En coupant les axes routiers et en sabotant les infrastructures, il cherche à créer un climat d’instabilité propice à son agenda politique.

Cette menace, qualifiée de « plus grave que jamais » par les observateurs locaux, force les autorités à repenser leur approche sécuritaire. La lutte contre le terrorisme ne se limite plus au champ de bataille, mais s’étend désormais au quotidien des Maliens.

Un mandat d’arrêt international a d’ailleurs été émis contre lui par la Cour pénale internationale, qui le soupçonne de crimes contre l’humanité et de guerre commis entre 2012 et 2013.

Affilié à Al-Qaïda, le JNIM représente l’une des menaces les plus sérieuses pour la stabilité du Sahel, avec des répercussions directes au Mali, au Niger et au Burkina Faso.