Politique

Issa tchiroma bakary dénonce le pillage de 10 000 milliards de francs cfa au Cameroun

Dans une déclaration choc, Issa Tchiroma Bakary révèle des chiffres accablants sur la gestion des ressources camerounaises. Entre or, pétrole et bois, plus de 10 000 milliards de francs CFA auraient disparu, selon lui.

 

Issa Tchiroma Bakary, figure politique camerounaise, a livré une analyse cinglante de la situation financière du pays. Il affirme que le Cameroun, autrefois prospère, a sombré dans une pauvreté extrême en 43 ans de pouvoir. Son constat : un pillage systématique des richesses nationales, orchestré avec la complicité de l’État.

Le premier volet de ses accusations porte sur les ressources du sous-sol, notamment le pétrole. Selon lui, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a généré des recettes pétrolières hors de tout contrôle parlementaire pendant quatre décennies. Le FMI, la Banque mondiale et l’ITIE auraient signalé des flux financiers considérables sortant du pays sans jamais être comptabilisés. Le pétrole aurait été bradé à Glencore à moins de 30 % de sa valeur, et les cargaisons disparues, combinées aux revenus non déclarés de la SNH, totaliseraient plusieurs milliers de milliards de francs CFA. Les forêts n’ont pas été épargnées : 80 % du bois serait vendu illégalement. Au total, entre l’or, le pétrole et le bois, plus de 10 000 milliards de francs CFA se seraient envolés.

Le deuxième volet concerne le détournement direct de marchés frauduleux. Les lignes budgétaires 65 et 94, couvrant la période 2012-2021, auraient été effacées, représentant 5 400 milliards de francs CFA de dépenses sans justification. Le Tribunal criminel spécial (TCS), créé par Paul Biya lui-même, aurait jugé et condamné ses propres serviteurs pour près de 9 000 milliards de francs CFA de détournements entre 1997 et 2021. De plus, plus de 20 000 fonctionnaires fantômes auraient figuré sur les listes de paie pendant des années, causant un préjudice annuel d’environ 200 milliards de francs CFA. Les scandales de l’autoroute Yaoundé-Douala, de la CAN 2021 et des vaccins anti-COVID, avec des surfacturations dépassant 500 milliards de francs CFA, sont également cités.

Le troisième volet met en lumière la fraude fiscale et douanière. L’ANIF et la CONAC auraient documenté des mécanismes systémiques de fraude : 1 665 milliards de francs CFA de flux suspects en 2023, 1 246 milliards de francs CFA de fraude douanière sur six ans, et 1 745 milliards de francs CFA de fraude de scanning au port de Douala imputée à SGS. Ces chiffres expliqueraient les tensions récentes entre SGS et Transatlantic au port de Douala, deux clans du régime se disputant le contrôle d’une fraude institutionnalisée.

Enfin, le quatrième volet aborde l’enrichissement personnel du clan Biya. Selon Issa Tchiroma Bakary, le clan aurait détourné la fortune publique pour acquérir des biens personnels au Cameroun, en France et au Moyen-Orient. Les autorités néerlandaises auraient identifié 744 millions d’euros de biens mal acquis en France, auxquels s’ajoutent le domaine de Nyom du SGPR évalué à 18 milliards de francs CFA, des biens à Dubaï estimés à 44 milliards de francs CFA, et des séjours à l’Hôtel Continental de Genève à 50 000 dollars la nuit pour la délégation. Tous, sans exception, auraient accumulé des fortunes personnelles sans jamais se conformer à l’obligation de déclaration de patrimoine prévue par l’article 66 de la Constitution.

Le montant total de la prédation serait révoltant. Le scénario conservateur avance 26 000 milliards de francs CFA, mais les experts estiment que le montant réel pourrait atteindre 80 000 milliards de francs CFA. Pour illustrer l’ampleur du pillage, Issa Tchiroma Bakary souligne qu’avec 26 000 milliards de francs CFA, le Cameroun aurait pu payer 36 années de salaires de l’ensemble des 380 000 enseignants, soignants et soldats, ou construire 2 600 hôpitaux de district, soit 260 par région.

Il conclut en affirmant qu’il n’y aura ni amnistie ni négociation secrète. Tout haut fonctionnaire coupable de malversation répondra de ses actes devant les juridictions compétentes, au niveau national et international.