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Gabon : une stratégie ambitieuse pour préserver 30% de son territoire d’ici 2030

Le Gabon franchit une étape décisive pour l’avenir de ses écosystèmes. À l’issue d’un atelier national de validation de plusieurs jours, la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2022-2030 a été officiellement adoptée à Libreville.

Cette feuille de route s’articule autour d’un objectif phare : protéger au moins 30 % des terres, des zones côtières et marines du pays. Présentée comme « le guide stratégique pour orienter les politiques publiques, renforcer la préservation des milieux naturels et assurer une exploitation durable de son patrimoine biologique unique », elle incarne la volonté gabonaise de concilier croissance économique et conservation.

Les priorités fixées pour 2030 sont claires : préserver les écosystèmes intacts, restaurer ceux déjà dégradés, lutter contre les menaces pesant sur la faune et la flore (braconnage, déforestation, pollution), et mobiliser des financements pérennes pour la protection de la biodiversité. Ce plan s’aligne sur les engagements internationaux pris par 196 pays lors de l’accord de Kunming-Montréal.

Après avoir intégré les dernières contributions des acteurs locaux, la SPANB sera soumise au Gouvernement pour validation définitive avant d’être officiellement déposée auprès du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique. Cette démarche vise à officialiser l’engagement international du Gabon.

Pour Mme Tsayi Mouvagha, coordonnatrice de la stratégie, l’heure est désormais à l’action concrète : « Il faudra désormais sensibiliser l’ensemble des administrations, des entreprises, des populations et de la société civile pour garantir une mise en œuvre efficace sur tout le territoire ».

Avec 88 % de son territoire recouvert par des forêts et 13 parcs nationaux, le Gabon se positionne comme un acteur clé en matière de biodiversité. Cette stratégie doit servir de référence pour harmoniser développement économique, exploitation des ressources et préservation des milieux naturels.

Un défi majeur subsiste cependant : l’absence de budget spécifique et l’implication insuffisante des collectivités locales, des entreprises et des communautés riveraines pourraient compromettre la concrétisation de ce projet ambitieux.