Actualités

Gabon : seulement 8,9 % des exportations vers l’Afrique, un défi à relever

Avec plus de 1,4 milliard de consommateurs potentiels offerts par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le Gabon peine à tirer profit de ce marché colossal. En effet, seulement 8,9 % des exportations gabonaises sont aujourd’hui destinées à l’Afrique, un chiffre qui illustre les défis persistants de Libreville pour s’imposer régionalement.

Ce constat, issu des dernières analyses économiques, met en lumière l’écart entre les ambitions de la ZLECAf et la réalité commerciale du pays. Alors que le continent représente 28,3 % des importations nationales, l’Afrique reste le deuxième fournisseur du Gabon, une situation qui souligne la nécessité de diversifier les partenariats économiques.

La ZLECAf, un tremplin pour diversifier l’économie gabonaise

Face à ce déséquilibre, le gouvernement gabonais mise sur la ZLECAf pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, pilier historique de son économie. Lors d’un entretien stratégique avec Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné l’urgence de transformer cette opportunité en levier de croissance durable.

L’enjeu est de taille : il s’agit de développer des secteurs clés comme l’agro-industrie, les mines ou encore les services, tout en capitalisant sur l’essor du commerce intra-africain, estimé à 230 milliards de dollars cette année. Pour le Gabon, l’objectif est clair : inverser la tendance et renforcer sa présence sur le continent.

Nkok, une zone économique stratégique pour booster les exportations

Le pays dispose déjà d’un atout de taille : la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Ce hub industriel, salué par Wamkele Mene lors de sa visite, pourrait devenir un moteur essentiel pour exporter des produits transformés à haute valeur ajoutée vers toute l’Afrique centrale. Grâce à une localisation géographique avantageuse et à une économie numérique en plein essor, le Gabon est bien positionné pour capter de nouveaux marchés.

Surmonter les obstacles pour une intégration réussie

Malgré ces opportunités, des obstacles persistent. Les infrastructures de transport insuffisantes et les coûts logistiques élevés freinent encore la fluidité des échanges en Afrique centrale. Pourtant, l’intégration régionale pourrait faire bondir la part du commerce intra-africain à plus de 50 % d’ici 2035, selon les projections. Pour y parvenir, Libreville doit moderniser ses circuits commerciaux, transformer localement ses matières premières et faire de la ZLECAf un pilier de sa résilience économique.