Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, a signé le 9 juin 2026 la décision n° 000007/MJGSCDH portant suspension conservatoire du Dr. Eddy Narcisse Minang, procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Ce magistrat hors hiérarchie est écarté de ses fonctions pour une durée de trois mois. Des informations judiciaires indiquent qu’il est soupçonné d’appartenir à un réseau occulte d’influence lié à des affaires scandaleuses.
Selon des sources proches du dossier, Eddy Narcisse Minang a été entendu pendant plusieurs heures à la présidence de la République. La suspension conservatoire a été notifiée par le ministre de la Justice. Dans la foulée, l’intérim a été confié à Thalie Aubone Nguema épouse Edjo, également magistrate hors hiérarchie, conformément au principe de continuité du service public.
Dr. Eddy Minang écarté de l’appareil judiciaire pour trois mois
Cette mise à l’écart provisoire serait justifiée par de « lourds soupçons d’interférence et d’entrave à l’action publique ». Plusieurs dossiers financiers sensibles sont au cœur de la tempête, notamment un contentieux impliquant la société Covec Gabon pour un montant estimé à 4 milliards de francs CFA. Toutefois, l’élément déclencheur serait l’affaire dite de la Direction centrale des affaires financières (DCAF) du ministère de l’Éducation nationale.
Rendu public début juin 2026 par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Dick Fabrice Boungou Mikolo, ce dossier de surfacturations a conduit à l’interpellation d’une vingtaine d’agents. Le préjudice financier est évalué entre 560 et 700 millions de francs CFA. Le procureur général suspendu est suspecté d’avoir utilisé son influence pour « court-circuiter l’instruction en cours ». Il semblerait que cette attitude soit liée à des liens de connexité géographique avec le directeur de la DCAF, tous deux originaires du Woleu-Ntem.



