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Gabon: le méga-chantier de Kobé-Kobé dessine l’avenir industriel

Le Gabon pose les bases de son indépendance industrielle après l’ère pétrolière. Sous l’impulsion du président de la République, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, le lancement officiel des travaux du port en eau profonde de Kobé-Kobé a eu lieu. Ce projet d’envergure, relié à l’un des plus grands gisements de fer au monde et soutenu par de nouvelles lignes ferroviaires et infrastructures énergétiques, vise à transformer en profondeur le modèle économique du pays d’ici 2030.

La côte gabonaise s’apprête à accueillir une infrastructure logistique majeure. Construit dans la province de l’Estuaire, le futur terminal portuaire en eau profonde de Kobé-Kobé bénéficiera d’un tirant d’eau de 14 à 16 mètres. Cette profondeur technique lui permettra d’accueillir des navires de commerce de très grande capacité, renforçant la compétitivité du pays face aux ports concurrents du golfe de Guinée, comme Kribi au Cameroun ou Pointe-Noire au Congo.

Mais la particularité de Kobé-Kobé réside dans son caractère intégré. L’infrastructure ne sera pas isolée ; elle constituera le débouché maritime d’une vaste chaîne de valeur nationale. Le complexe industriel s’articule autour de trois autres projets d’envergure :

  • L’exploitation du gisement de fer de Belinga (dans la province de l’Ogooué-Ivindo), considéré comme l’une des réserves de minerai de fer de haute qualité les plus massives et encore inexploitées au monde ;
  • La construction d’un corridor ferroviaire inédit reliant directement le cœur minier de Belinga au complexe portuaire de l’Estuaire ;
  • La création du futur barrage hydroélectrique de Booué, indispensable pour sécuriser l’autonomie énergétique des installations extractives et des usines de transformation.

Cette approche concertée vise à rompre avec le modèle historique d’économie de rente extractive, en imposant la transformation métallurgique locale avant toute exportation. La mise en œuvre opérationnelle de ce hub a franchi une étape décisive en avril 2026 avec la signature d’une convention de partenariat stratégique entre l’État gabonais et le géant de la logistique Africa Global Logistics (AGL).

Au-delà de l’aspect purement infrastructurel, le projet Kobé-Kobé est présenté par les autorités de Libreville comme un puissant levier d’inclusion sociale. Les projections d’impact économique tablent sur la création de jusqu’à 160 000 emplois, directs et indirects, tout au long des phases de déploiement et d’exploitation du complexe.

Pour la jeunesse gabonaise, ce vivier représente une opportunité majeure d’insertion professionnelle dans des secteurs techniques variés : génie civil, manutention portuaire, ingénierie énergétique, maintenance ferroviaire et métallurgie. Le gouvernement ambitionne de susciter un effet d’entraînement systémique sur le secteur privé local en intégrant les PME nationales dans les chaînes de sous-traitance et de fourniture de services du projet.

Le lancement du chantier de Kobé-Kobé revêt également une portée hautement politique et géopolitique. Initié sous la magistrature constitutionnelle de Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet incarne la doctrine de restauration de la souveraineté économique nationale par la reprise en main des infrastructures critiques du pays. Il s’agit pour Libreville de préparer activement l’épuisement progressif des réserves pétrolières, qui portent encore le budget de l’État, en pivotant vers l’industrie minière durable. Si le calendrier d’exécution des travaux est scrupuleusement respecté par les consortiums engagés, Kobé-Kobé s’affichera dès 2030 comme le principal moteur de l’émergence industrielle du Gabon.