
Le ministre nigérien de l’Intérieur pose trois conditions : accord de défense, accord de sécurité et transparence. Le Bénin peut-il les accepter ?
Il faut d’abord replacer cela dans le cadre normal d’une négociation. Chaque partie cherche à maximiser ses exigences avant de les ajuster. Le Bénin ne peut pas, sur le principe, refuser ces préalables, d’autant qu’un accord de défense existait déjà avant d’être dénoncé par le Niger en septembre 2023. Sur le volet transparence, le Bénin a déjà fourni plusieurs explications pour rassurer Niamey sur l’absence de bases étrangères. Ce point relève surtout d’une communication renforcée. Le troisième préalable semble plus délicat et donnera lieu à des discussions approfondies. Rien ne dit que toutes les conditions seront acceptées en l’état.
Quels sont les points de blocage au-delà de ces trois conditions ?
Le principal frein est l’absence de garantie, côté nigérien, que son territoire ne soit pas violé par des forces étrangères. Cela renvoie essentiellement à la France, dont les relations avec le pouvoir nigérien sont exécrables, alors qu’elle entretient une coopération militaire normale avec le Bénin. C’est le cœur du dilemme sécuritaire. Malgré la volonté politique affichée au plus haut niveau de réchauffer les relations, ce point n’est pas insurmontable. Niamey cherche surtout à être rassuré et à vérifier l’absence de velléités hostiles à ses frontières.
La fermeture de la frontière depuis trois ans a lourdement pesé sur les populations, les transporteurs et les économies. Une réouverture n’est-elle pas inévitable ?
C’est un point fondamental. Il faut aussi rappeler que la fermeture n’est pas imputable qu’au Bénin : le Niger a aussi fermé sa frontière. Le port de Cotonou reste la porte d’entrée naturelle du Niger. Le coût d’opportunité est très élevé pour les deux pays, avec des conséquences économiques et sécuritaires majeures. Les deux parties ont donc tout intérêt à trouver une solution rapide.



