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Frappes militaires au Mali : Kidal sous tension après les offensives rebelles

Des soldats du Front national de libération de l’Azawad (FLA) en patrouille à Kidal.

Quatre frappes aériennes ont été déclenchées dans la nuit entre mercredi et jeudi sur Kidal, provoquant des dégâts matériels significatifs. Selon un habitant joint sur place, une des bombes a pulvérisé une habitation située près d’une ancienne zone marchande, tandis qu’une autre a creusé un profond cratère au cœur de la cour du gouvernorat local. Cette dernière cible est tombée entre les mains du Front de libération de l’Azawad (FLA) en collaboration avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), branche affiliée à Al-Qaïda, dirigée par Iyad Ag Ghaly, lors des combats du 25 et 26 avril.

« Nous procédons à des frappes ciblées, conformément à notre plan d’action. L’intensité de ces opérations va s’amplifier dans les prochains jours », a confié un officier basé au poste de commandement de l’armée malienne à Mopti, chef-lieu du centre du pays.

Kidal, ville fantôme après les raids

Jeudi matin, l’ambiance à Kidal était étrangement paisible. Très peu de véhicules circulaient dans les rues, et des bruits de moteurs ont été entendus toute la nuit, signe d’un exode nocturne. L’incertitude plane sur cette ville du nord, désormais sous domination rebelle.

Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent. Les attaques coordonnées menées par les groupes jihadistes du Jnim et la rébellion touarègue du FLA contre des positions stratégiques de la junte à Bamako ont plongé le pays dans le chaos.

Le FLA étend son emprise sur le Nord malien

Lors de leur offensive éclair, les combattants du FLA, soutenus par le Jnim, se sont emparés de Kidal, la plus grande agglomération du nord du Mali, après de violents affrontements. Cette milice indépendantiste, majoritairement touarègue mais intégrant aussi des communautés arabes, revendique la souveraineté sur l’Azawad, une région couvrant les zones administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou.

Les revendications du FLA s’inscrivent dans une lutte historique contre la marginalisation des populations touarègues, particulièrement autour de Kidal, ville stratégique du nord.