Un ressortissant français derrière les barreaux pour des faits liés à son orientation sexuelle
Depuis le 14 février, un Français est incarcéré au Sénégal. Son arrestation, motivée par des accusations de « actes contre-nature », s’inscrit dans une vague de répression accrue à l’encontre des personnes LGBT+. Selon les informations recueillies sur place, l’homme est également poursuivi pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et tentative de transmission du VIH.
Cette détention survient dans un climat marqué par une montée de l’homophobie au Sénégal, où les relations homosexuelles, déjà criminalisées, sont désormais passibles de cinq à dix ans de prison depuis le durcissement de la loi en mars. Un jeune Sénégalais a été condamné à six ans de prison en avril après avoir été surpris en train d’avoir une relation avec un autre homme dans la banlieue de Dakar.
Une loi condamnée par les instances internationales
Les autorités sénégalaises justifient cette législation en invoquant des valeurs traditionnelles et religieuses, le pays étant majoritairement musulman. Pourtant, cette répression est vivement critiquée par la communauté internationale. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé une loi qui « bafoue les droits humains fondamentaux » lors de sa promulgation par le président Bassirou Diomaye Faye.
De son côté, la France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a exprimé son inquiétude face à l’aggravation des peines et à la création de nouveaux délits, comme l’apologie ou le financement de l’homosexualité. « Notre pays réaffirme son attachement au respect universel des droits humains ainsi qu’à la dépénalisation de l’homosexualité à travers le monde », a rappelé une source diplomatique.
Un suivi consulaire pour le détenu français
L’ambassade de France à Dakar suit de près le dossier de son ressortissant. Les autorités consulaires ont pu lui rendre visite à plusieurs reprises, tout en maintenant un contact régulier avec sa famille. « Les services du Quai d’Orsay à Paris restent mobilisés pour garantir ses droits et assurer sa protection », précise-t-on depuis le ministère.



