Le paysage numérique au Gabon connaît un tournant majeur. Une nouvelle ordonnance, datée du 26 février et récemment diffusée, encadre désormais rigoureusement l’utilisation des plateformes sociales. Cette réglementation suscite de vifs échanges au sein de la population gabonaise, notamment en raison des contraintes d’identification imposées aux internautes.
L’obligation d’identification réelle selon l’article 4
Le point central de la discorde réside dans l’article 4 de ce texte législatif. Désormais, l’usage de pseudonymes est formellement interdit sur les réseaux sociaux. Chaque utilisateur a l’obligation de décliner son identité complète, incluant son nom, son prénom ainsi que son numéro d’identification personnelle (NIP). Les entités commerciales ne sont pas en reste, puisqu’elles doivent désormais fournir les informations relatives à leur registre de commerce pour maintenir leur présence en ligne.
Des avis divergents sur la fin de l’anonymat
Cette mesure reçoit un accueil favorable de la part de certains créateurs de contenus, à l’instar de Bienvenue Effayong, plus connu sous le nom de « Bitome ». Ce dernier, souvent la cible d’attaques anonymes, soutient fermement cette réforme. Selon lui, la fin de l’anonymat permettra de responsabiliser les usagers et de limiter la diffamation, les insultes et les tentatives de déstabilisation orchestrées derrière de faux profils.
À l’opposé, des voix s’élèvent pour dénoncer une atteinte aux libertés fondamentales. Marcel Libama, ancien député de la Transition, qualifie cette ordonnance de mesure liberticide. Il estime que cette décision va à l’encontre de la Constitution gabonaise et marque un recul démocratique inquiétant pour la liberté d’expression dans le pays.
Un cadre légal en pleine évolution
Bien que les réseaux sociaux soient officiellement suspendus depuis février dernier sur le territoire, cette ordonnance est d’application immédiate. Elle devra toutefois passer devant le Parlement pour être ratifiée, modifiée ou éventuellement rejetée. Pour les autorités, l’objectif est clair : protéger la jeunesse et mettre un terme aux dérives numériques qui menacent l’équilibre des institutions.



