Le MAC 20 souligne le retard des chrétiens dans l’arène politique sénégalaise
Au Sénégal, le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20) a récemment tiré la sonnette d’alarme concernant l’engagement politique des fidèles chrétiens du pays. Lors d’un forum organisé à Mbour, au sud de Dakar, le mouvement a mis en lumière le manque d’implication des chrétiens dans les décisions politiques nationales, un constat partagé par plusieurs acteurs de la société civile.
Cette rencontre, qui s’est tenue sous le patronage du ministre des Forces armées, Augustin Tine, avait pour objectif d’encourager les chrétiens à s’investir davantage dans le leadership politique, notamment à l’approche des élections législatives prévues quelques semaines plus tard. Le thème central du forum, « Engagement politique chrétien et le leadership », visait à mobiliser une communauté souvent perçue comme passive dans l’arène politique sénégalaise.
Un leadership chrétien quasi inexistant
Emile Daly Diouf, président du MAC 20, a souligné lors de son intervention l’absence d’un leadership chrétien structuré au sein des partis politiques. « Même si nous représentons une minorité au Sénégal, notre engagement doit être bien plus massif et visible », a-t-il déclaré. Il a rappelé que, bien que des chrétiens soient présents dans les partis, ils peinent à occuper des positions clés où les décisions stratégiques sont prises.
Le MAC 20 a exprimé sa volonté d’accompagner les fidèles et les autorités religieuses pour renforcer leur influence politique. Bien que le mouvement n’envisage pas de présenter des candidats, il compte soutenir des personnalités engagées dans la vie publique, notamment en vue de l’élection présidentielle de 2019. « Nous ne proposerons pas de candidats, mais nous soutiendrons ceux qui se battent pour promouvoir notre vision et notre leadership », a précisé Emile Daly Diouf.
Une représentation parlementaire en demi-teinte
Hélène Tine, parlementaire chrétienne et figure politique au Sénégal, a reconnu les défis auxquels font face les chrétiens dans l’accès aux responsabilités politiques. « Nous sommes des citoyens à part entière et notre place est dans la gestion des affaires publiques », a-t-elle affirmé. Elle a également rappelé l’appel des évêques à s’impliquer davantage dans la vie politique, une invitation que peu de fidèles ont suivie jusqu’à présent.
Avec seulement trois députés chrétiens sur 150, dont une femme, la représentation des chrétiens au parlement reste marginale. Hélène Tine, seule chrétienne parmi les 64 femmes parlementaires, a souligné que leur présence sur les listes nationales est souvent reléguée à des positions symboliques, limitant leurs chances d’élection. « Les efforts doivent venir à la fois des communautés chrétiennes et des partis politiques pour favoriser une représentation équilibrée, un pilier historique de la démocratie sénégalaise », a-t-elle conclu.



