Politique

En République démocratique du Congo, l’Église catholique s’oppose fermement à la révision constitutionnelle

Le débat sur la modification de la loi fondamentale prend une nouvelle tournure en République démocratique du Congo. Longtemps portée par les cercles de l’opposition, la contestation contre un changement de la Constitution bénéficie désormais du soutien de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), dont l’influence sur la société civile reste déterminante.

L’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de cette instance, a exprimé une position claire : le projet de réforme porté par les autorités ne répond ni à un besoin urgent, ni à une opportunité politique réelle. Selon lui, cette initiative n’est pas nécessaire dans le climat actuel.

« Il appartient aux membres du clergé et aux agents pastoraux de relayer ce message afin d’éveiller les consciences. Il est crucial que les citoyens résistent aux tentatives de manipulation visant à modifier notre texte fondamental », a-t-il affirmé, tout en précisant que l’Église se réserve la possibilité d’initier des actions concrètes prochainement.

Demokratische Republik Kongo Katholische Kirche Bischöfe

Les évêques craignent que de telles manœuvres ne déstabilisent davantage un pays déjà confronté à une insécurité chronique dans l’Est et à des tensions sociales croissantes.

Une opinion publique partagée à Kinshasa

Dans les rues de la capitale, les avis divergent sur cette prise de position. Si certains citoyens estiment que le chef de l’État agit pour le bien du peuple, d’autres s’interrogent sur la pertinence d’une telle réforme alors que le pays traverse une période de guerre et d’instabilité sécuritaire. Un jeune homme souligne également l’importance d’avoir un texte fondamental qui garantisse la place de la République démocratique du Congo sur l’échiquier international en tant qu’État souverain.

États-Unis, Washington D.C., 2025 | Félix Tshisekedi lors de la signature de l'accord de paix avec le Rwanda

L’influence diplomatique et sociale de la Cenco

Bien que dépourvue de pouvoir législatif, l’Église catholique dispose d’un levier de mobilisation et d’un poids diplomatique considérables. Le politologue Christian Moleka note que la Cenco possède une capacité unique à mobiliser sur l’ensemble du territoire national et à porter ses revendications au niveau international, un avantage que ne possèdent pas nécessairement les autres confessions religieuses.

Pendant ce temps, la pression politique s’accentue. L’opposition a déjà annoncé une journée de mobilisation pour le 8 juillet prochain, visant à réclamer la démission du Président Félix Tshisekedi. De son côté, l’UDPS, le parti présidentiel, accuse ses détracteurs de vouloir provoquer un soulèvement populaire préjudiciable à la nation.