Freetown, capitale de la Sierra Leone, accueille du 12 au 19 juillet 2026 une série de rencontres majeures de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La 96e session ordinaire du Conseil des ministres, qui s’est tenue le 17 juillet, a marqué un moment clé avant le sommet des chefs d’État prévu deux jours plus tard. Nialé Kaba, Ministre d’État ivoirien en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, y a représenté la Côte d’Ivoire aux côtés d’Adama Dosso, Ministre délégué à l’Intégration africaine et aux Ivoiriens de l’Extérieur. Une délégation de haut niveau pour un rendez-vous diplomatique de premier plan.
Freetown au cœur des débats régionaux
La capitale sierra-léonaise est le théâtre d’une semaine intense dédiée à la diplomatie ouest-africaine. Depuis le 12 juillet, les travaux préparatoires de la CEDEAO s’y enchaînent, culminant avec la session ministérielle du 17 juillet. Timothy Musa Kabba, Ministre des Affaires étrangères sierra-léonais et Président en exercice du Conseil des ministres, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de la paix, de la sécurité et de la démocratie régionale. Un discours relayé par les plus hautes autorités, dont Omar Alieu Touray, Président de la Commission de la CEDEAO, qui a appelé à une solidarité renforcée face aux défis sécuritaires et humanitaires persistants.
Abidjan expose sa feuille de route à la CEDEAO
La Côte d’Ivoire arrive à Freetown avec une vision claire et quatre axes stratégiques. Selon les orientations du Ministère des Affaires étrangères, le pays mise sur la consolidation de la paix, l’approfondissement de l’intégration économique, l’accélération de la digitalisation des services régionaux et la restitution des biens culturels africains. Ce dernier point, défendu depuis longtemps par Abidjan, s’inscrit dans un mouvement plus large de retour des œuvres pillées durant la colonisation, un dossier également porté par la Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO.
Une réunion conjointe entre le Conseil des ministres et le Conseil de médiation et de sécurité a par ailleurs permis d’aborder le « Pacte pour l’avenir de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest ». Ce texte vise à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions étatiques, une priorité après des années de crises politiques dans la sous-région.
Des dossiers urgents à l’ordre du jour
Les discussions ont porté sur des sujets sensibles : la situation politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest, l’opérationnalisation de la Force en attente de la CEDEAO, la crise humanitaire et la mise en place de systèmes d’alerte précoce. La Force en attente, conçue pour permettre un déploiement rapide des troupes en cas de crise, peine depuis des années à devenir pleinement opérationnelle. Une lacune rendue plus criante encore par les crises successives au Sahel. La question des déplacements massifs de populations fuyant les conflits armés a également été au centre des échanges.
La CEDEAO face à une refonte sans précédent
Depuis 2021, la CEDEAO traverse une période de profondes mutations. Les coups d’État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont marqué un tournant, conduisant ces trois pays à annoncer leur retrait de l’organisation en 2024 pour former l’Alliance des États du Sahel (AES). Une décision qui interroge l’avenir même de l’intégration régionale, un pilier de la CEDEAO depuis sa création en 1975.
Dans ce contexte de fragmentation, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur central de la stabilité. Première économie de l’UEMOA et quatrième économie d’Afrique subsaharienne, Abidjan joue un rôle clé dans le commerce et la finance sous-régionale. Le pays abrite également une des plus importantes diasporas issues des États voisins, renforçant son intérêt pour toute initiative d’intégration. La présence de Nialé Kaba à Freetown illustre cette volonté de leadership assumé au sein de la CEDEAO.
Vers un sommet décisif à Lungi
Les conclusions adoptées par le Conseil des ministres le 17 juillet serviront de base aux discussions lors du sommet des chefs d’État du 19 juillet à Lungi. Nialé Kaba et Adama Dosso repartent avec les éléments nécessaires pour façonner une intégration régionale que la Côte d’Ivoire entend continuer à porter de l’intérieur de l’organisation.



