Dialogue national en RDC : l’opposition dénonce un processus sous contrôle
Actualité politique.
Albert Mukulubundu Muke, président du Front démocratique africain (FDA) et cofondateur du mouvement citoyen Sauvons la RDC, a livré son analyse du dialogue national proposé par Félix Tshisekedi.

Le président Félix Tshisekedi a lancé l’idée d’un dialogue national de trois mois pour apaiser les tensions en République démocratique du Congo. Pourtant, une partie de l’opposition, notamment le mouvement Sauvons la RDC, rejette cette initiative. Albert Mukulubundu Muke, figure centrale de cette contestation, dénonce un processus contrôlé par le pouvoir et plaide pour une médiation indépendante.
Un dialogue jugé biaisé
Selon Albert Mukulubundu Muke, le dialogue national annoncé ne répond pas aux attentes d’une réconciliation sincère. « Nous avons appelé au boycott de ce dialogue parce que c’est un monologue », déclare-t-il. Pour lui, Félix Tshisekedi a déjà tracé les grandes lignes du processus, réduisant sa portée à une simple consultation de sa famille politique, l’Union sacrée. L’opposant dénonce l’exclusion systématique de l’opposition et des groupes armés, comme le M23, pourtant acteurs majeurs de la crise sécuritaire.
Un manque de confiance dans les institutions
La défiance envers Félix Tshisekedi est au cœur des critiques du leader de Sauvons la RDC. « Nous voulons un médiateur neutre car il y a un problème de confiance », explique-t-il. Il rappelle que plusieurs accords signés avec d’anciens adversaires, dont Joseph Kabila, n’ont jamais été respectés. « Tshisekedi a signé des accords avec Joseph Kabila et d’autres, mais ne les a jamais appliqués. Nous ne lui faisons pas confiance », insiste-t-il. Pour lui, une réconciliation nationale ne peut émerger sous l’égide d’un pouvoir aussi contesté.
Le M23, acteur clé ignoré
Félix Tshisekedi a récemment confirmé l’exclusion du M23 de ce dialogue, malgré son rôle central dans l’instabilité à l’est du pays. Une décision que conteste Albert Mukulubundu Muke. « Le M23 est prêt à participer à un dialogue politique, à condition que le processus soit transparent », souligne-t-il. Pour l’opposant, exclure des acteurs essentiels revient à vider le dialogue de sa substance et à affaiblir sa légitimité.
Mobilisation populaire comme alternative
Face à ce qu’il qualifie de pseudo-dialogue, Sauvons la RDC mise désormais sur la mobilisation citoyenne. « La seule possibilité qui nous reste est de mobiliser le peuple », affirme Albert Mukulubundu Muke. Il évoque l’article 64 de la Constitution congolaise, qui permet, selon lui, de s’opposer à un régime cherchant à se maintenir par la force. « Nous allons appeler le peuple à manifester pour exiger un véritable dialogue », annonce-t-il. Le mouvement compte aussi sur le soutien de la communauté internationale, en sensibilisant les parlementaires et les pays africains.
Joseph Kabila, un acteur encore influent
Proche de l’ancien président Joseph Kabila, Sauvons la RDC voit en lui une figure capable de contribuer à une issue à la crise. « Joseph Kabila a une longue expérience et connaît parfaitement les acteurs internes et externes. Il peut être utile pour trouver des solutions », estime Albert Mukulubundu Muke. Alors que la RDC reste plongée dans une crise politique et sécuritaire profonde, l’enjeu du dialogue national repose désormais sur son inclusivité et sa crédibilité.
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