Gabon : une production d’électricité en chute libre au premier trimestre 2026
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre janvier et mars 2026, la production d’électricité au Gabon a reculé de 13,2 % par rapport au trimestre précédent, et de 20,1 % sur un an. Ce déclin spectaculaire, détaillé dans la dernière Note de Conjoncture Sectorielle publiée par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), révèle une crise structurelle qui frappe les ménages et les entreprises au quotidien.
Derrière ces chiffres alarmants se cache une accumulation de défaillances techniques. Le rapport met en avant des avaries multiples ayant paralysé le réseau électrique, imputables à un manque criant d’investissements dans la maintenance. Une réalité que les experts du secteur dénoncent depuis des années : le sous-financement chronique des infrastructures énergétiques commence à produire ses effets les plus visibles.
Les retards répétés dans les travaux d’entretien et les réparations de fortune ont fini par fragiliser l’ensemble du système. Résultat : des coupures de plus en plus fréquentes et prolongées, plongeant le pays dans une insécurité énergétique sans précédent.
Une crise aux répercussions multiples : quand l’électricité fait défaut, l’eau disparaît aussi
Les conséquences de cette situation ne se limitent pas aux simples désagréments domestiques. Le rapport de la DGEPF souligne un phénomène encore plus préoccupant : les déséquilibres du réseau électrique perturbent désormais la distribution d’eau potable. Les pompes de reprise, soumises à des variations de tension répétées, subissent des avaries en cascade. Les fuites dans les garnitures mécaniques se multiplient, aggravant les pertes d’eau et réduisant la qualité du service.
Cette interdépendance entre électricité et eau potable illustre l’ampleur de la crise. Elle ne touche plus seulement le confort des citoyens ou la productivité des entreprises : elle menace directement l’accès à l’eau pour des milliers de foyers. En s’attaquant simultanément à deux infrastructures vitales, le problème dépasse désormais le cadre d’un simple dysfonctionnement sectoriel pour devenir une menace systémique.
Sans une intervention urgente et massive pour moderniser les installations et renforcer leur résilience, le Gabon risque de s’enfoncer dans un cercle vicieux de pannes en cascade. La situation exige une réponse coordonnée, à la hauteur des enjeux pour l’ensemble de la population.



