À moins de deux semaines de la fête de la Tabaski, la Côte d’Ivoire se trouve face à un défi majeur : assurer l’approvisionnement en moutons. La suspension des exportations de bétail par le Burkina Faso, l’un des principaux fournisseurs du pays, aggrave une situation déjà tendue. Avec des besoins estimés à 350 000 têtes, dont 75 % importés des pays voisins, les autorités ivoiriennes doivent agir rapidement pour éviter une pénurie.
une dépendance aux importations qui expose la Côte d’Ivoire
Chaque année, la Tabaski mobilise des millions de moutons en Afrique de l’Ouest. Pourtant, la Côte d’Ivoire, où la demande dépasse largement la production locale, dépend fortement des importations. Cette année, la suspension des exportations du Burkina Faso, qui représente une part significative des livraisons, crée un vide inquiétant. Les autorités ivoiriennes estiment que 262 500 moutons devront être importés pour répondre à la demande, mais la situation actuelle pourrait compromettre cet objectif.
Les causes de cette crise sont multiples : sécheresses récurrentes, flambée des prix des denrées alimentaires pour le bétail, et désormais restrictions commerciales. Les éleveurs locaux, déjà fragilisés, peinent à répondre à la demande, tandis que les importations, autrefois stables, deviennent aléatoires.
quelles solutions pour éviter une pénurie ?
Face à cette urgence, le gouvernement ivoirien multiplie les initiatives. Parmi elles :
- la recherche de nouveaux fournisseurs en Afrique de l’Ouest, avec des négociations en cours avec le Niger et le Mali ;
- la mobilisation des stocks locaux pour limiter l’impact des importations ;
- le soutien aux éleveurs nationaux via des subventions et des prêts à taux préférentiels.
Cependant, ces mesures suffiront-elles à combler le déficit ? Les experts s’interrogent sur la capacité des autorités à stabiliser les prix et à garantir un approvisionnement suffisant d’ici la fête. Une hausse des prix est déjà redoutée, ce qui pourrait peser sur les ménages modestes.
les consommateurs en première ligne
Les Ivoiriens, habitués à célébrer la Tabaski avec des moutons de qualité, s’inquiètent. Les marchés de bétail, comme celui d’Adjamé à Abidjan, voient affluer des acheteurs anxieux. Les prix, en hausse depuis plusieurs semaines, pourraient exploser si la crise persiste.
Les autorités appellent au calme et promettent des solutions. Mais pour des milliers de familles, l’incertitude plane. La Tabaski 2026 s’annonce sous haute tension.



