Lors d’une séance parlementaire récente, le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvertement affiché un désaccord avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, concernant la gestion des fonds politiques. Une réforme pourtant présentée comme une priorité par leur camp pendant la campagne électorale.
L’initiative de ce projet de loi revient au député Guy Marius Sagna, dont la démarche a été saluée par une partie de l’opposition. Cependant, Sonko a tenu à préciser que cette proposition n’avait pas été validée par le gouvernement. Pour lui, il incombe à l’exécutif, et non au législatif, de porter ce type de réforme. Il a d’ailleurs alerté le président Faye sur ce point, soulignant l’urgence d’agir plutôt que de rester inactif.
La réponse du chef de l’État a été mesurée : il a demandé à Sonko de lui accorder un délai pour évaluer la faisabilité de la réforme, sans pour autant fixer de date butoir. Face à cette attente jugée trop longue, le Premier ministre a lancé un avertissement clair : s’il ne reçoit pas de réponse rapide, il n’hésitera pas à soumettre lui-même le texte en Conseil des ministres pour adoption. Cette prise de position met en lumière les tensions persistantes au sein de l’exécutif sénégalais, au-delà du simple dossier des fonds politiques.



