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Cour des comptes au Gabon : vers une transparence financière renforcée

Cour des comptes au Gabon : une avancée majeure pour la transparence financière

Salle de réunion de la Cour des comptes du Gabon

Libreville — La transparence dans la gestion des finances publiques au Gabon franchit une étape décisive. La Cour des comptes du pays a présenté, le 16 juillet 2026, quatre outils stratégiques conçus pour renforcer son action jusqu’en 2030. Cette initiative marque un tournant dans la lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance financière.

Lors d’une cérémonie officielle réunissant les plus hautes autorités du pays, dont le premier président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, le Vice-président du gouvernement Hermann Immongault, le ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions Jean-François Ndong Obiang, et d’autres figures institutionnelles, ces dispositifs ont été dévoilés. Parmi eux figurent un Code d’éthique et de déontologie, un Plan stratégique 2026-2030, un Plan de formation des magistrats et un Recueil de jurisprudence des juridictions financières.

Une refonte institutionnelle pour un contrôle public plus efficace

Ces quatre documents ne se contentent pas de moderniser les procédures internes de la Cour des comptes. Ils ambitionnent de redéfinir le rôle du contrôle financier dans la construction d’un État gabonais plus transparent et responsable. Le Code d’éthique et de déontologie établit désormais des principes clairs pour les magistrats : indépendance, impartialité, intégrité et responsabilité. Ces valeurs deviennent les fondements d’une juridiction appelée à jouer un rôle central dans la protection des finances publiques.

Le Recueil de jurisprudence compile les décisions et avis marquants des juridictions financières. Ce document constitue une référence essentielle pour assurer la cohérence des futures décisions et renforcer la sécurité juridique des gestionnaires publics. Quant au Plan stratégique 2026-2030, il trace la feuille de route de la Cour des comptes, définissant les priorités et les méthodes nécessaires pour adapter ses missions aux nouvelles exigences de la gouvernance publique.

Enfin, le Plan de formation souligne une conviction : aucune réforme institutionnelle durable ne peut réussir sans un investissement massif dans les compétences humaines. Ces outils visent à ancrer une culture de responsabilité publique au sein de l’administration gabonaise.

Un enjeu de crédibilité internationale

Le Gabon se positionne aujourd’hui à la trente-deuxième place sur cinquante-quatre pays africains selon l’Indice Ibrahim de la gouvernance, avec un score global de 44,6 sur 100. Si cette position reflète les défis persistants, elle ne doit pas occulter les progrès réalisés depuis 2023. Le pays est alors passé du statut de candidat à celui de pays conforme aux exigences de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, une avancée majeure pour une économie fortement dépendante des ressources naturelles.

Dans un contexte où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) influencent l’accès aux financements internationaux, la qualité des institutions de contrôle devient un facteur clé de compétitivité économique. La crédibilité budgétaire d’un État se construit désormais autant devant les agences de notation que devant ses propres citoyens.

L’heure de la concrétisation

Pour Alex Euv Moutsiangou, ces outils répondent aux attentes des citoyens, des administrations et des institutions. Les premiers sont soucieux d’une gestion rigoureuse des deniers publics, les secondes recherchent des repères juridiques clairs, tandis que le Parlement et le gouvernement attendent une expertise indépendante et des conseils éclairés.

L’enjeu dépasse donc largement la Cour des comptes. Il s’agit de savoir si cette nouvelle architecture institutionnelle produira des résultats tangibles dans la gestion quotidienne des finances publiques, la qualité des politiques publiques et la confiance accordée aux institutions. Car le véritable succès ne se mesurera pas à la publication des textes, mais à leur application effective. La gouvernance moderne ne se décrète pas : elle s’organise, se contrôle et se démontre.

Avec la mise en place de ces quatre instruments de référence, le Gabon pose les bases d’un contrôle financier plus exigeant. Reste désormais à transformer cette ambition en une réalité durable, ancrée dans les pratiques quotidiennes de l’administration.