Un séminaire historique à Abidjan pour façonner l’avenir écologique
L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), via son centre d’excellence CEA VALOPRO, a lancé le Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD) lors d’un séminaire inaugural organisé à Angré. Cette première édition, qui s’est tenue en mai 2026, marque le début d’une formation ambitieuse destinée à répondre aux défis environnementaux du continent africain.
Des enjeux continentaux au cœur des débats
Le thème central, « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : RSE et économie circulaire comme leviers d’un nouveau modèle de développement », a réuni une diversité d’acteurs. Experts locaux et internationaux, décideurs politiques, représentants du secteur privé et partenaires techniques ont échangé sur les défis environnementaux de l’Afrique : gestion des déchets, déforestation, transition énergétique et accès aux financements climatiques.
L’économie circulaire, une solution africaine sur mesure
Le professeur Benjamin Yao, coordonnateur du CEA VALOPRO, a souligné l’importance stratégique de cette formation. « L’économie circulaire n’est pas une option, mais une nécessité pour l’Afrique. Elle permet de conserver la valeur des ressources et de transformer ce que nous considérons aujourd’hui comme des déchets en opportunités économiques », a-t-il déclaré. Il a illustré ses propos par des exemples concrets, notamment dans les filières anacarde et cacao, où les résidus peuvent être valorisés pour créer de nouvelles richesses.
Il a également insisté sur la nécessité d’adopter des modèles de développement adaptés aux réalités africaines : « Importer des solutions toutes faites n’est pas une option. Nous devons inventer des approches simples, efficaces et durables, pensées pour nos contextes locaux. »
La RSE, un critère de compétitivité encore sous-exploité
Les discussions ont révélé les limites de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) en Afrique. Malgré une prise de conscience croissante, son intégration dans les stratégies d’entreprise reste insuffisante. Plusieurs intervenants ont noté que la RSE devient progressivement un critère d’accès aux marchés publics, incitant les organisations à passer de la théorie à la pratique. « Il ne suffit plus de communiquer sur ses engagements, il faut les ancrer dans la gouvernance quotidienne », ont-ils rappelé.
Financements climatiques : des ressources disponibles, mais des freins persistants
Un autre point clé abordé concerne les financements climatiques. Les experts ont confirmé l’existence de fonds importants, mais leur mobilisation se heurte à des procédures complexes. « Les ressources sont là, mais les dossiers doivent répondre à des normes techniques souvent inaccessibles sans expertise locale. Former des compétences capables de monter des projets conformes est une priorité », ont-ils expliqué.
Les étudiants, acteurs clés de la transformation
Abraham Bosson, délégué de la première promotion du Master ECOTEDD, a partagé la vision de sa génération : « Nous avons une mission historique : construire une Afrique innovante, capable de valoriser ses ressources locales et de développer un modèle de croissance durable. » Il a ajouté : « Notre responsabilité est de devenir des artisans du changement, porteurs de projets concrets au service de nos pays. »
Le Master ECOTEDD ne se limite pas à un cadre théorique. « Notre objectif est d’impacter directement les entreprises, les institutions et les communautés. Nous voulons former des professionnels capables d’agir sur le terrain », a-t-il précisé.
Une formation d’excellence pour répondre aux besoins du continent
Accessible en ligne et hautement sélectif, ce programme de deux ans vise à former une nouvelle génération d’experts en valorisation des déchets, RSE, finance climatique et montage de projets environnementaux. Son approche pratique et professionnelle en fait une formation unique en son genre.
L’INP-HB ambitionne ainsi de contribuer à la formation d’un capital humain qualifié, capable de répondre aux enjeux pressants du développement durable en Côte d’Ivoire et en Afrique. Les organisateurs préparent déjà le prochain appel à candidatures, avec l’ambition de renforcer cette dynamique pour une économie plus circulaire, inclusive et résiliente.


