Ce lundi, les autorités tchadiennes et algériennes ont officiellement lancé les travaux de construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts à N’Djamena. Entièrement financée par Alger, cette infrastructure est réalisée par Sonelgaz International, filiale du groupe public algérien spécialisé dans l’électricité et le gaz. La cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée en présence des Premiers ministres tchadien, Allah-Maye Halina, et algérien, Sifi Ghrieb. Baptisée « centrale de solidarité algéro-tchadienne », elle vise à renforcer l’offre énergétique du Tchad, pays confronté à une demande d’électricité supérieure à ses capacités actuelles.
Sifi Ghrieb s’est rendu à N’Djamena accompagné d’une délégation comprenant des ministres, des responsables publics et des dirigeants d’entreprises actives dans l’énergie, les hydrocarbures et les infrastructures. Parmi eux figuraient Mohamed Arkab, ministre des Hydrocarbures, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, ainsi que des représentants de plusieurs entreprises publiques algériennes. Selon un communiqué officiel, cette centrale est un geste de coopération décidé par le président Abdelmadjid Tebboune, destiné à consolider les relations bilatérales avec N’Djamena.
Lors de son discours, Sifi Ghrieb a souligné l’importance d’une coopération africaine fondée sur des projets concrets : « Cette centrale traduit la conviction de l’Algérie selon laquelle une coopération africaine efficace peut générer un développement partagé, à travers des projets concrets ayant un impact direct sur les populations. » Il a également mis l’accent sur « la solidarité active, les investissements productifs et les partenariats créateurs de richesse au service des peuples ». L’énergie devient ainsi un axe majeur de la présence économique algérienne dans le Sahel. Le 3 juin dernier, Alger avait déjà inauguré au Niger une centrale électrique de même capacité, également réalisée par Sonelgaz International.
Au-delà de l’énergie, les discussions entre les deux délégations ont porté sur plusieurs projets continentaux, notamment la route transsaharienne, les réseaux de fibre optique, ainsi que les liaisons aériennes et logistiques visant à améliorer les connexions commerciales régionales. Sur le plan sécuritaire, Alger et N’Djamena ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coordination diplomatique sur les dossiers sahéliens et africains, en privilégiant des solutions africaines et le respect de la souveraineté des États.
Depuis la création, en 2020, de son Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement, dotée d’un budget annoncé d’un milliard de dollars, l’Algérie multiplie les financements d’infrastructures, de projets énergétiques et d’initiatives économiques dans plusieurs pays africains.



