Centrafrique : les entreprises forestières copient les pratiques de Wagner et défient l’état
Des entreprises d’exploitation forestière en Centrafrique semblent s’inspirer des méthodes controversées utilisées par des groupes armés privés pour contourner les obligations légales. Parmi ces pratiques, le refus de payer les taxes d’abattage, pourtant essentielles pour l’économie nationale, se généralise. Face à cette situation, le ministère de l’Économie forestière a décidé de réagir fermement pour rappeler à l’ordre ces acteurs du secteur.
un secteur forestier sous pression
L’exploitation forestière représente une part importante des ressources économiques du pays. Cependant, certaines entreprises, en adoptant des comportements similaires à ceux de groupes armés comme Wagner, tentent de se soustraire à leurs responsabilités fiscales. Cette situation menace non seulement les recettes de l’État, mais aussi la stabilité du secteur.
les méthodes controversées en question
Les entreprises incriminées utilisent plusieurs stratégies pour éviter de payer les taxes d’abattage. Parmi elles :
- la falsification des documents : certaines déclarent des volumes d’abattage bien inférieurs à la réalité pour réduire le montant des taxes dues ;
- le recours à des intermédiaires non déclarés : des sous-traitants non enregistrés permettent de masquer une partie des activités d’exploitation ;
- la corruption : des pots-de-vin versés à des agents locaux facilitent l’évasion fiscale.
Ces pratiques rappellent étrangement les méthodes employées par des groupes armés pour financer leurs activités illégales. Les autorités y voient une menace directe pour la souveraineté économique du pays.
le ministère de l’Économie forestière contre-attaque
Pour mettre fin à ces agissements, le ministère a lancé une série d’inspections ciblées dans les zones forestières. Les contrevenants s’exposent désormais à des sanctions administratives, voire à des poursuites judiciaires. Le gouvernement a également annoncé un renforcement des contrôles et une collaboration accrue avec les forces de l’ordre pour traquer les fraudeurs.
« Nous ne tolérerons plus aucune tentative de contournement des règles. Chaque mètre cube de bois abattu doit être déclaré et taxé selon la loi. Ces pratiques nuisent à l’ensemble de la nation », a déclaré un haut responsable du ministère sous couvert d’anonymat.
des conséquences économiques et sociales lourdes
Le non-paiement des taxes d’abattage prive l’État de ressources vitales pour financer les services publics, comme la santé, l’éducation ou les infrastructures. De plus, cette fraude favorise une concurrence déloyale au détriment des entreprises respectueuses de la loi. Elle alimente également des réseaux d’économie parallèle, parfois liés à des activités illégales plus larges.
Les populations locales, souvent dépendantes de l’exploitation forestière pour leur subsistance, sont les premières victimes de cette situation. La raréfaction des fonds publics réduit les possibilités de développement local et aggrave les inégalités.
vers une régulation renforcée ?
Face à l’ampleur du phénomène, des voix s’élèvent pour demander une réforme en profondeur du secteur forestier. Parmi les propositions :
- la mise en place d’un système de traçabilité numérique des bois abattus ;
- la création d’une cellule spécialisée dans la lutte contre la fraude forestière ;
- une campagne de sensibilisation pour informer les populations sur les dangers de ces pratiques.
Le gouvernement a indiqué qu’il étudiait ces pistes pour restaurer la légalité et la transparence dans le secteur. Une chose est sûre : la Centrafrique ne peut se permettre de laisser prospérer des méthodes qui sapent son avenir économique.



